TNP : des pays asiatiques appellent la Corée du Nord à démanteler ses programmes militaires nucléaires

TNP : des pays asiatiques appellent la Corée du Nord à démanteler ses programmes militaires nucléaires

L'Assemblée générale
La Corée du Sud et le Japon ont appelé, au cours de la Conférence d'examen du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires, la Corée du Nord à démanteler sans délai l'ensemble de ses programmes militaires nucléaires. La Corée du Sud a par ailleurs estimé que le manque de respect du régime de non–prolifération par la Corée du Nord et l'annonce de son retrait du TNP avaient porté un coup à la crédibilité et à l'intégrité du Traité.

Le vice-ministre à la planification des politiques, au commerce et aux organisations internationales de la République de Corée, Chun Yung-Woo, a déclaré, mardi 3 mai, à la Conférence des Parties chargée d'examiner le Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires en 2005 (TNP), qui se déroule au siège de l'ONU à New York du 2 au 27 mai, que « le manque de respect du régime de non–prolifération par la Corée du Nord et l'annonce de son retrait du TNP ont porté un coup à la crédibilité et à l'intégrité du Traité ».

« Le TNP a ainsi montré ses limites devant les agissements d'un tel proliférateur », a affirmé le vice-ministre.

« Le retour de la Corée du Nord comme État partie au Traité et son respect de ses dispositions ainsi que du régime de garanties de l'AIEA ne seront pas suffisants pour apaiser nos craintes », a estimé Chun Yung-Woo, qui réaffirme que son pays attend de la Corée du Nord un démantèlement total de ses programmes militaires nucléaires.

Chun Yung-Woo a identifié une lacune importante dans le TNP, à savoir le fait que le Traité permet aux proliférateurs de quasiment acquérir la capacité de fabriquer des armes nucléaires sans être en violation du Traité.

« Celui-ci, en effet, leur permet d'acquérir et de lancer une vaste gamme d'activités liées au cycle de combustion nucléaire, y compris l'enrichissement de l'uranium et le recyclage du combustible usagé qui permettent de produire des matières fissiles pouvant entrer dans la fabrication des armes nucléaires ».

« De tels États proliférateurs pourraient faire une application abusive des dispositions du Traité pour produire des armes nucléaires sous prétexte de développer des programmes sur l'énergie nucléaire à des fins pacifiques », a-t-il prévenu.

Le vice-ministre a regretté qu'il existe maintenant un fossé entre les réalisations des États dotés de l'arme nucléaire et les attentes des pays qui n'en sont pas dotés. Dans ce cadre, il a plaidé en faveur de l'entrée en vigueur rapide du Traité d'interdiction complète des essais nucléaires, du lancement de négociations d'un traité d'interdiction des matières fissiles, et de l'adhésion au TNP des trois États qui n'en sont pas parties.

Le même jour, Zhang Yan, Directeur général du contrôle des armements du ministère des Affaires étrangères de la Chine, s'est inquiété de « la découverte de réseaux de contrebande nucléaire qui jettent une ombre sur la non-prolifération et du risque de voir l'espace envahi d'armes alors que la Conférence du désarmement est bloquée ».

Il a regretté « le maintien de la mentalité de la guerre froide et le renforcement de l'unilatéralisme et la recherche de nouvelles armes nucléaires qui sont autant d'obstacles à l'universalisation du TNP ».

« Face aux défis et problèmes de sécurité internationale qui subsistent, il est urgent que la communauté internationale utilise des mesures plus concrètes pour renforcer la crédibilité du TNP en luttant contre la prolifération nucléaire et en renforçant l'utilisation pacifique de l'énergie nucléaire », a déclaré Zhang Yan.

La Chine a par ailleurs invité les deux plus importantes puissances nucléaires à respecter leurs engagements en réduisant leurs stocks d'armes nucléaires. Zhang Yan a souhaité que l'on commence le plus rapidement les négociations concernant la rédaction d'un traité sur les matières fissiles.

Il a proposé de créer des conditions de sécurité internationale et régionale qui seraient la meilleure garantie de non-prolifération. Ce serait, a-t-il insisté, le meilleur moyen d'éliminer les motivations sécuritaires de la prolifération nucléaire.

Il a souhaité que l'unilatéralisme et le recours à la politique des « deux poids, deux mesures » en ce qui concerne la non-prolifération soient abandonnés. À cet égard, il a soutenu le renforcement du rôle des Nations Unies et des autres organisations internationales.

Enfin, il a souhaité que le régime de non-prolifération ne vienne pas saper les droits légitimes des États à avoir recours à l'utilisation de l'énergie nucléaire à des fins pacifiques.

Lundi 2 mai, Nobutaka Machimura, ministre des Affaires étrangères du Japon, avait exhorté la République populaire démocratique de Corée à démanteler sans délai l'ensemble de ses programmes nucléaires, y compris ses programmes d'uranium enrichi.

S'agissant de l'Iran, le représentant du Japon avait pressé les autorités iraniennes à parvenir rapidement à un accord commun avec la France, l'Allemagne et le Royaume-Uni garantissant que le programme nucléaire de l'Iran soit exclusivement destiné à des utilisations pacifiques.

Le Japon avait également demandé à l'Inde d'adhérer au TNP en tant qu'État non nucléaire. Il avait aussi salué la décision prise par la Libye d'abandonner ses programmes d'armes de destruction massive.

Nobutaka Machimura avait appuyé la création d'une zone exempte d'armes nucléaires au Moyen-Orient. « Des mesures concrètes doivent aussi être prises pour parvenir à un monde exempt d'armes nucléaires », avait-il affirmé. Dans ce cadre, le Japon a exhorté tous les pays qui ne l'ont pas encore fait à ratifier le Traité d'interdiction complète des essais nucléaires (TICEN) pour que ce Traité puisse entrer en vigueur au plus vite et à engager des négociations sur l'élaboration d'un traité d'interdiction des matières fissiles.

Le Ministre japonais des affaires étrangères s'était par ailleurs déclaré fermement convaincu que l'universalisation du Protocole additionnel de l'AIEA était le moyen le plus réaliste et le plus efficace pour renforcer le régime de non-prolifération.

Voir l'ensemble des déclarations à la Conférence sur le TNP dans les communiqués de presse de l'ONU : communiqué du 4 mai 2005, communiqué du 3 mai 2005.

Voir également nos dépêches du 4 mai 2005, 3 mai 2005, du 2 mai 2005 et du 29 avril 2005.