Conseil de sécurité : l'aide de l'ONU sollicitée en Côte d'Ivoire pour les élections d'octobre

26 avril 2005

Venu présenter au Conseil de sécurité un bilan des progrès accomplis en Côte d'Ivoire à la suite de l'Accord de Pretoria, le représentant du Médiateur sud-africain a demandé l'aide de l'ONU dans l'organisation des élections du 31 octobre prochain et pour assurer la sécurité dans le pays à l'heure où doit s'opérer le démantèlement des milices et la refonte de l'armée.

« Il y a deux domaines principaux dans lesquels les dirigeants ivoiriens ont demandé à l'ONU, par le biais du Conseil de sécurité, de les aider d'urgence. Ces domaines couvrent les élections et la sécurité », a affirmé aujourd'hui Aziz Pahad, Ministre adjoint des affaires étrangères d'Afrique du Sud, venu présenter au Conseil, au nom de la mission de médiation de l'Union africaine, un exposé sur les résultats de la réunion de médiation du 3 avril dernier, à Pretoria.

« Toutes les parties ivoiriennes ont l'intention de tenir des élections d'ici le 31 octobre 2005. L'Union africaine et le Médiateur appuient cette intention et espèrent que l'ONU sera disposée à contribuer à ce résultat », a-t-il ajouté.

« Nous voulons espérer que la communauté internationale ne laissera pas passer cette occasion de stopper et de désamorcer la crise ivoirienne. Nous ne doutons pas que le Conseil saura prendre des mesures proportionnées à la gravité de la situation », a déclaré le représentant du Médiateur sud-africain.

« Nul doute que l'Accord de Pretoria représente un nouvel espoir pour le peuple ivoirien qui aspire depuis longtemps au retour à la paix et à la stabilité dans son pays et qu'il a suscité un nouveau sentiment d'urgence pour mettre en œuvre les engagements passés », a estimé le Médiateur, avant de rappeler « certains des domaines clefs visés par l'Accord de Pretoria ».

Cet Accord inclut tout d'abord une « déclaration conjointe de fin de guerre dans laquelle les parties ivoiriennes signataires de l'Accord déclarent la cessation immédiate et définitive de toutes les hostilités dans le pays ».

L'Accord prévoit également le désarmement et le démantèlement des milices dans tout le pays, ainsi que la création d'une armée unique pour tout le territoire.

Au plan politique, les parties signataires ont pris l'engagement d'apporter des amendements à la composition, à l'organisation et au fonctionnement de la Commission électorale indépendante pour assurer la tenue, avant le 31 octobre 2005, d'élections libres, régulières et transparentes.

« Il nous faut relever que les parties ont prié le Médiateur de demander l'assistance de l'ONU dans le processus électoral », a souligné Aziz Pahad.

Par ailleurs, l'Accord reconnaît le rôle important joué par les médias - en particulier la Radio télévision ivoirienne (RTI)- et convient que la programmation des stations de radio et de télévision devrait couvrir l'ensemble du territoire de la Côte d'Ivoire.

Enfin, « la réunion a abordé la question du stade d'achèvement de l'adoption de l'article 35 de la Constitution ivoirienne. A cet égard, le Médiateur s'est vu demander de prendre une décision sur la question après consultation avec le Président de l'Union africaine et le Secrétaire général de l'ONU ».

Sur cette question, le Médiateur a indiqué que le Président Gbagbo, solliciterait « l'ensemble de la population ivoirienne afin d'obtenir son appui à la décision », à quoi le Représentant de la Côte d'Ivoire, Philippe Djangoné-Bi, a précisé qu'il aborderait la question lors d'une intervention télévisée.

L'article 35 de la Constitution ivoirienne impose une condition restrictive quant à la candidature à l'élection présidentielle, qui avait eu pour effet d'empêcher l'ancien Premier ministre ivoirien et Président du Rassemblement des Républicains, Alassane Dramane Ouattara, de se presenter à l'élection.

Sur la question du processus de désarmement, de démobilisation et de réinsertion (DDR), le médiateur a salué le début du retrait des armes lourdes de la ligne de front, avec effet au 21 avril 2005. « Cette évolution qui, en soi, symbolise le début de l'intégration du pays, a recueilli le vaste appui de la population et a suscité une foi nouvelle dans le processus de paix ».

Il a souligné également que le Conseil des ministres avait commencé ses délibérations sur les amendements nécessaires pour garantir que les lois adoptées sont conformes à l'Accord de Linas-Marcoursis.

Un « nombre croissant de ministres des Forces nouvelles sont retournés à Abidjan pour assumer leurs responsabilités ministérielles, y compris pour assister aux réunions du Gouvernement de réconciliation nationale », une unité spéciale de l'Opération des Nations Unies en Côte d'Ivoire (ONUCI), étant chargées de mesures additionnelles afin de garantir le retour de Guillaume Soro [le chef des Forces Nouvelles] à Abidjan pour qu'il puisse assumer ses responsabilités ministérielles.

Quant au rôle des médias, Aziz Pahad a souligné que « la RTI a mis une sourdine à sa couverture négative et a commencé à diffuser des reportages positifs sur l'Accord de Pretoria et sa mise en œuvre ».

Prenant la parole à la suite de M. Pahad, le Représentant de la France, Jean-Marc de la Sablière, a rappelé que le Conseil serait appelé à « renouveler dans les prochains jours le mandat des forces impartiales ».

Il a indiqué que la France déposerait cette semaine un projet de résolution en ce sens, ajoutant que le Conseil devrait « donner un mandat clair à l'ONU, appuyer la mise en œuvre de toutes les dispositions de l'Accord de Pretoria » et « accorder à l'Opération des Nations Unies en Côte d'Ivoire (ONUCI) tous les moyens nécessaires à la réussite de sa mission ».

« Cela signifie qu'au-delà des demandes du Secrétaire général concernant la sécurité à Abidjan, le renforcement de l'ONUCI devra permettre l'accompagnement du DDR et garantir le bon déroulement des opérations électorales », a-t-il ajouté.

image• Retransmission de la séance du Conseil de sécurité[112mins]

 

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