HCR : les villages abandonnés du Darfour incendiés par les milices Janjaouites

26 avril 2005

Les milices Janjaouites mettraient de nouveau le feu, comme ils l'ont fait l'année dernière pendant la période du ramadan, aux villages abandonnés du Darfour afin que les populations déplacées et terrifiées ne puissent pas y retourner, dénonce l'agence de l'ONU pour les réfugiés qui s'inquiète de ce que de tels actes menacent de changer irrévocablement la structure sociale et la démographie de la région.

« Les villages qui ont été abandonnés dans le Darfour Ouest sont de nouveau incendiés pour décourager les populations de retourner dans leurs communautés », s'indigne le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) dans un communiqué publié aujourd'hui à Seraf au Soudan.

Le village de Seraf - à 12 km au sud de Masteri, un village situé à 50 km de El-Geneina, la capitale du Darfour Ouest – a brûlé le lundi 18 avril, indique l'agence de l'ONU pour les réfugiés.

Selon un témoignage recueilli par le HCR, quelque 200 familles du village de Seraf avaient fui, un an plus tôt, les attaques des milices Janjaouites. Le lundi 18 avril, tout ce qui restait dans le village est parti en fumée.

« Cet acte gratuit est clairement un message adressé aux anciens habitants du village de ne pas retourner chez eux », dénonce l'agence de l'ONU pour les réfugiés. « Ne vous imaginez pas que la vie reprendra son cours normal ici ». « Ne vous imaginez même pas revenir habiter dans vos villages pour venir récupérer vos biens », sont, selon le HCR, les messages des milices adressés aux populations du Darfour.

Dans son communiqué, le HCR attire l'attention sur le fait que de tels actes menacent de changer irrévocablement la structure sociale et la démographie du Darfour.

Sans compter qu'il y a déjà deux millions de personnes déplacées, fait remarquer l'agence de l'ONU.

L'année dernière, rappelle le HCR, pendant la période du ramadan, d'octobre à novembre, quelque 55 villages abandonnés ont été brûlés aux alentours de Masteri, une agglomération de presque 100 villages.

Il semble que les Janjaouites recommencent à brûler des villages, s'alarme l'agence de l'ONU.

Ces événements interviennent alors que 20 000 personnes, qui avaient été déplacées au Tchad ou dans des villes du Darfour plus grandes que leurs villages, ont eu le courage de décider de rentrer chez eux, déplore l'ONU.

Dans un autre communiqué publié aujourd'hui à Genève, Wendy Chamberlin, Haut Commissaire aux réfugiés par intérim, de retour d'une mission de cinq jours dans la région, a témoigné des conditions déplorables dans lesquelles vivent les populations déplacées du Darfour.

Au troisième jour de sa visite au Soudan, Wendy Chamberlin avait appelé les pays donateurs à accroître leur contribution financière pour l'assistance humanitaire dans la région du Darfour et appelé la communauté internationale à augmenter les effectifs des troupes de l'Union africaine présentes sur le terrain afin de protéger les populations, terrifiées à l'idée de rentrer vivre dans leurs villages (voir notre dépêche du 21 avril 2005).

Après avoir entendu des témoignages de femmes originaires de la région du Darfour, la Haut Commissaire avait dénoncé, dans un communique diffusé la veille, la cruauté des Janjaouites qui tuent les maris, violent les femmes et volent les biens (voir notre dépêche du 20 avril 2005).

 

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