Commission du développement durable : Mikhaïl Gorbatchev préconise une Convention universelle sur le droit à l'eau

21 avril 2005

Mikhaïl Gorbatchev, président du Comité international la Croix verte, a lancé un appel pour l'élaboration d'une Convention universelle sur le droit à l'eau qui fournirait à tous les peuples un instrument juridique pour défendre leur droit à une eau saine. Lors de la Commission du développement durable, il a fait remarquer que les diarrhées causées par les maladies véhiculées par l'eau avaient tué plus d'enfants au cours des 10 dernières années que tous les conflits armés depuis la fin de la deuxième guerre mondiale.

Dans le cadre de la Commission du développement durable (CDD-13) qui se tient au siège de l'ONU à New York du 11 au 22 avril, Mikhaïl Gorbatchev, ancien Président de l'Union soviétique et président du Comité international la Croix verte, a lancé aujourd'hui un appel pour l'adoption d'« une Convention universelle sur le droit à l'eau qui fournirait à tous les peuples un instrument juridique pour défendre leur droit à une eau saine et à des installations sanitaires décentes et qui obligerait les gouvernements à assurer sa mise en œuvre ».

Dans son discours puis lors d'une conférence de presse donnée au siège de l'ONU à New York, l'ancien président de l'Union soviétique a rappelé que des discussions sur les principes fondamentaux d'une telle convention sont en cours depuis quatre ans. Il a également indiqué qu'une réunion sur l'eau et la paix s'était tenue à Barcelone en juin 2004 pour contribuer aux travaux du Forum mondial des cultures.

image• Retransmission de la conférence de presse[31mins]

Mikhaïl Gorbatchev a également expliqué que la notion de droit d'accès à l'eau était mentionnée plus ou moins explicitement dans plusieurs instruments internationaux dont le Plan d'action de la Conférence des Nations Unies sur l'eau qui s'était tenue à Mar del Plata en Argentine en 1977, la Convention contre l'éradication de toute forme de discrimination à l'égard des femmes (CEDAW) de 1979, la Convention sur le droit des enfants de 1989 et la Déclaration de Dublin sur l'eau et le développement durable de 1992.

En théorie, a-t-il précisé, les 145 États ayant adhéré au Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels se doivent d'améliorer un accès équitable à l'eau potable.

Or, soulignant l'impact social de l'insuffisance d'accès à l'eau et à l'assainissement, le président du Conseil du Comité international la Croix verte a fait remarquer que les diarrhées causées par les maladies véhiculées par l'eau avaient tué plus d'enfants au cours des 10 dernières années que tous les conflits armés depuis la fin de la deuxième guerre mondiale.

Mikhaïl Gorbatchev a ajouté que 1,1 milliard de personnes n'avaient toujours pas accès à l'eau potable et que 2,4 milliards d'entre elles ne disposaient pas de services d'assainissement de base.

L'ancien président de l'Union Soviétique s'est par ailleurs inquiété qu'à ce jour, 500 millions de personnes vivaient dans des zones à accès limité à l'eau, une population qui pourrait passer à 3,4 milliards d'ici à 2025 si le monde ne se donne pas les moyens de faire face à cette crise de l'eau.

Il a par ailleurs souligné que si les dirigeants des pays développés consacraient 20 dollars par personne et par an au problème de l'eau, le problème de l'eau pourrait être réglé en 10 ans.

La Commission du développement durable, qui se termine vendredi, et qui est axée sur trois thèmes - l'eau, l'assainissement et les bidonvilles - vise à faire des propositions en vue du sommet de septembre prochain qui doit faire le point sur la mise en oeuvre des Objectifs du Millénaire pour le développement (ODM) adoptés par les gouvernements en 2000.

L'accès universel à l'eau et un environnement durable font partie des ODM dont le but central est de faire reculer la pauvreté.

Insistant sur l'importance de cette 13e session pour trouver des moyens d'accélérer la réalisation des OMD liés à l'eau, l'assainissement et aux établissements humains, le Président de la CDD-13, John Ashe, Représentant d'Antigua-et-Barbuda, s'est de son côté, réjoui de la participation à ce débat de plus de 100 ministres et hauts fonctionnaires chargés des questions d'eau, d'assainissement, de santé, de finances, de commerce ou d'environnement.

Une participation définie comme une « opportunité exceptionnelle de mobiliser la volonté politique nécessaire à la promotion d'une vision orientée sur l'action dans l'optique du prochain Sommet d'évaluation de septembre ».

Le débat ministériel de la CDD-13 s'est ouvert hier (voir les déclarations des ministres dans les communiqués de presse du 21 avril 2005, du 20 avril 2005 et du 19 avril 2005).

Dans un discours prononcé aujourd'hui, Serge Lepeltier, Ministre de l'écologie et du développement durable de la France, a rappelé que la France avait mis en place une stratégie nationale de développement durable. Son objectif est d'analyser les meilleures pratiques, d'identifier les obstacles à surmonter et de déterminer certaines expériences susceptibles d'être transférées à d'autres pays, voire d'être généralisées, a expliqué le ministre français.

 

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