Le Secrétaire général appelle la communauté internationale à normaliser ses relations avec l'Iraq

11 avril 2005

Dans son dernier rapport sur l'Iraq, le Secrétaire général rappelle que les élections du 30 janvier dernier ne sont qu'une première étape dans la transition politique du pays vers le rétablissement de la pleine souveraineté et le retour à la paix. Il rappelle aussi que l'élaboration de la nouvelle Constitution, la prochaine étape, peut contribuer à forger un consensus national et appelle la communauté internationale dans son ensemble à normaliser ses relations avec le pays.

« La tenue des élections le 30 janvier 2005 – pour l'Assemblée nationale de transition, 18 conseils de gouvernorat et l'Assemblée nationale du Kurdistan – marque la fin d'une première étape importante pour la transition politique de l'Iraq vers le rétablissement de la pleine souveraineté et le retour à la paix et à la stabilité et ouvre la voie à la reconstruction nationale », indique le Secrétaire général dans son troisième rapport sur l'Iraq, en application de la résolution 1546, publié et présenté aujourd'hui au Conseil de sécurité par son Représentant spécial pour l'Iraq, Ashraf Qazi.

« Après ces élections historiques en Iraq, la tenue d'une Assemblée nationale de transition le 16 mars dernier ainsi que l'élection la semaine dernière par cette Assemblée d'un nouveau Président et de deux Vice-Présidents témoignent plus encore des progrès de l'Iraq vers un futur démocratique », a déclaré Ashraf Qazi devant les membres du Conseil de sécurité.

« L'élection du Président du Conseil constitue, plus particulièrement, l'expression de l'engagement de la nouvelle direction iraquienne à travailler en faveur de l'unité nationale à travers des moyens démocratiques et pacifiques », a-t-il ajouté (voir notre dépêche du 6 avril 2005 sur l'élection du président iraquien).

Il a cependant regretté que les Arabes sunnites soient sous représentés à l'Assemblée nationale de transition du fait que la participation aux élections dans les zones ayant une majorité de sunnites arabes a été nettement inférieure à la participation dans les autres communautés.

Dans son rapport, le Secrétaire général rappelle que « la clef du succès de la transition est qu'elle doit être aussi inclusive, participative et transparente que possible ». « Cela signifie qu'il faut créer un processus politique durable dans lequel tous les Iraquiens estiment avoir un intérêt. Le fait de ne pas entamer un dialogue national et un processus de réconciliation pourrait entraîner un conflit beaucoup plus nuisible que les compromis nécessaires pour parvenir à un consensus national obtenu par des moyens pacifiques », explique-t-il.

« Un certain nombre de groupes politiques iraquiens que le Gouvernement de transition s'efforce d'inclure dans le processus politique insistent pour que leurs revendications soient examinées, notamment un calendrier pour le retrait de la force multinationale », rappelle-t-il.

L'élaboration de la nouvelle Constitution iraquienne, prochaine étape de la transition en Iraq, peut contribuer à forger, selon le Secrétaire général, un nouveau consensus national. « Les questions concernant la nature future de l'État et les relations entre les diverses communautés iraquiennes se poseront certainement. Il sera important que les nouveaux dirigeants iraquiens indiquent clairement que tous les Iraquiens auront l'occasion de participer pleinement au processus et qu'ils sont encouragés à le faire », prévient le Secrétaire général.

Le Secrétaire général insiste sur le fait qu'« il sera particulièrement important que l'Iraq contrôle entièrement ce processus » et rappelle qu'« il y a de nombreuses manières selon lesquelles l'Organisation des Nations Unies pourrait fournir une aide spécifique, notamment en matière d'assistance technique d'appui dans le domaine de l'information et de coordination de l'assistance internationale ».

« Nous sommes également disposés à continuer d'aider la Commission électorale indépendante iraquienne à prendre les dispositions nécessaires en vue du référendum national sur la Constitution et des élections qui se tiendront par la suite afin d'assurer qu'elles reflètent justement et exactement la volonté du peuple iraquien », ajoute-t-il.

Concernant les activités de la Mission d'assistance des Nations Unies pour l'Iraq (MANUI) dans les domaines de la reconstruction, du développement et de l'aide humanitaire, le Secrétaire général rappelle que 23 organismes, programmes et fonds des Nations Unies travaillent à l'intérieur et à l'extérieur du pays afin de fournir une aide. Grâce aux nouvelles dispositions en matière de sécurité et d'hébergement prises récemment, le nombre des membres du personnel international de la MANUI à Bagdad a pu être augmenté. A Erbil et à Bassorah, des détachements de liaison ont pu être déployés afin d'examiner les possibilités d'expansion des activités de la MANUI dans les domaines de l'assistance humanitaire et de la reconstruction.

Alors que l'ONU agit pour normaliser la situation à l'intérieur de l'Iraq, le Secrétaire général a exhorté les pays de la région et la communauté internationale dans son ensemble à normaliser ses relations avec l'Iraq.

« Les voisins de l'Iraq ont des préoccupations légitimes et ils devraient être entendus. La souveraineté, l'indépendance politique et l'intégrité territoriale de l'Iraq doivent également être pleinement respectées. Un Iraq souverain aspire naturellement à reprendre la place qui lui revient au sein du concert des nations. Je me félicite de l'initiative lancée en novembre à Charm el-Cheikh et du processus régional en cours entre l'Iraq, ses voisins et d'autres pays de la région », a-t-il conclu.

- Dossier Iraq du site de l'ONU

 

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