L'absence de consensus sur la réforme du Conseil de sécurité n'est pas une excuse pour l'inaction, selon Kofi Annan

7 avril 2005

Kofi Annan, qui était venu plaider à Genève pour une réforme des Nations Unies, et plus particulièrement pour une réforme de la Commission des droits de l'homme, a rappelé devant les journalistes que l'élargissement du Conseil de sécurité était dans l'intérêt de tous les pays membres de l'ONU et qu'il était maintenant temps de prendre des décisions « difficiles ».

« Je pense qu'il est dans l'intérêt de tous de réformer le Conseil de sécurité et de lui donner une structure et une composition qui soit en phase avec les réalités d'aujourd'hui. Si nous élargissons le Conseil de sécurité pour le rendre plus représentatif et plus démocratique, il gagnera ainsi en légitimité », a déclaré aujourd'hui le Secrétaire général lors d'une rencontre avec la presse à Genève, après avoir prononcé un discours sur la réforme des Nations Unies.

Répondant à la question d'un journaliste qui faisait échos aux propos tenus récemment par la Chine sur l'élargissement du Conseil de sécurité, Kofi Annan a rappelé que, comme le souhaitait Pékin, « le consensus était toujours la meilleure solution ». Mais, a-t-il ajouté, « si le consensus n'est pas possible, cela ne doit pas être une excuse pour l'inaction ».

Le 5 avril dernier, le Représentant de la Chine, Wang Guangya, qui occupe pour le mois d'avril la présidence du Conseil, avait annoncé qu'il souhaitait que les 191 pays membres de l'ONU s'accordent à l'unanimité sur les modalités d'élargissement du Conseil de sécurité.

« La réforme du Conseil de sécurité est à l'ordre du jour de l'ONU depuis une dizaine d'années et le temps est maintenant venu de prendre de prendre des décisions qui ne sont pas faciles », a fait remarquer le Secrétaire général.

Lors du débat sur la réforme des Nations Unies qui s'est ouvert hier à l'Assemblée générale et au cours duquel les pays membres ont exprimé pour la première fois publiquement leurs opinions sur le rapport du Secrétaire général intitulé « Dans une liberté plus grande : vers le développement, la sécurité et les droits de l'homme pour tous » et publié le 20 mars dernier, le Représentant de la Chine à l'ONU a fait savoir que son pays donnerait la priorité, en ce qui concerne l'élargissement du Conseil de sécurité, aux pays en développement.

Pékin a par ailleurs souhaité qu'on ne fixe pas de délai, contrairement à ce qui a été recommandé par le Secrétaire général, pour entamer une telle réforme (voir notre dépêche 6 avril 2005).

Interpellé par un journaliste sur le fait que le Japon devrait réparer les atrocités commises dans le passé avant de devenir membre permanent du Conseil de sécurité, Kofi Annan a déclaré aujourd'hui à Genève qu'il était conscient que la question avait déjà été soulevée par plusieurs pays d'Asie et exprimé l'espoir que cette question soit réglée avant qu'une décision sur l'élargissement du Conseil ne soit prise.

Il a aussi espéré que cette question n'entrave pas le processus de réforme du Conseil et rappelé que le Japon jouait déjà son rôle au sein de l'ONU et notamment au Conseil de sécurité où il siège actuellement en tant que membre non permanent.

Après avoir présenté le 20 mars dernier, à New York, son rapport sur la réforme des Nations Unies, Kofi Annan a notamment plaidé aujourd'hui, à Genève, pour une réforme en profondeur de la Commission des droits de l'homme, « qui a perdu sa crédibilité », et qui devrait être remplacée, selon lui, par un nouveau Conseil des droits de l'homme, « restreint » et « responsable » (voir notre dépêche d'aujourd'hui sur son allocution).

 

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