Réforme des Nations Unies : le débat sur le rapport du Secrétaire général a commencé à l'Assemblée générale

6 avril 2005

Le débat sur le rapport du Secrétaire général, en vue de préparer le Sommet de New York qui se tiendra à l'ONU du 14 et 16 septembre prochain, a commencé aujourd'hui par des consultations entre les Etats Membres dans le Hall de l'Assemblée générale. Alors que l'Union européenne a réaffirmé la nécessité de réaliser les objectifs du Millénaire, la Chine entend donner la priorité aux pays en développement pour l'élargissement du Conseil de sécurité.

Le débat sur le rapport du Secrétaire général, intitulé « Dans une liberté plus grande : vers le développement, la sécurité et les droits de l'homme pour tous » et présenté le 20 mars dernier, s'est ouvert aujourd'hui par des consultations informelles et publiques entre les Etats Membres qui se tiendront dans le Hall de l'Assemblée générale jusqu'à vendredi.

Une deuxième série de consultations à huis clos débutera le 19 avril prochain, a indiqué aujourd'hui par la porte-parole du Secrétaire général, Marie Okabe, lors d'un point avec la presse au siège de l'ONU à New York. Ces consultations seront organisées autour de quatre grands thèmes qui reprennent les intitulés des chapitres du rapport du Secrétaire général : « Vivre à l'abri du besoin », « Vivre à l'abri de la peur », « Vivre dans la dignité » et « Renforcer l'Organisation des Nations Unies ».

« En ce qui concerne le chapitre 'Vivre à l'abri du besoin', l'Union européenne réaffirme le rôle et les bénéfices du développement comme un pilier distinct et à part entière », a déclaré au nom de l'Union européenne (UE), Jean-Marc Hoscheit, Représentant permanent du Luxembourg (voir l'ensemble des déclarations dans les communiqués de presse de l'ONU).

L'Union européenne est fermement résolue à mettre en œuvre la Déclaration du Millénaire et les Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD), a rappelé Jean-Marc Hoscheit, soulignant la nécessité d'augmenter l'Aide publique au développement (APD) pour la mise en œuvre des OMD.

Ce dernier a lancé un appel aux États Membres qui sont en mesure de le faire à respecter les niveaux d'APD décidés à l'échelon international.

L'Union européenne a également encouragé la mobilisation du commerce international en tant qu'outil de développement. « Les États Membres devraient s'engager à œuvrer pour une conclusion rapide du cycle de Doha pour le développement qui apporterait de véritables bénéfices aux plus démunis », a affirmé Jean-Marc Hoscheit.

Au chapitre 'Vivre à l'abri de la peur', l'Union européenne a apporté son soutien à la Stratégie globale pour lutter contre le terrorisme proposée par le Secrétaire général et a souhaité comme lui, l'adoption d'une définition du terrorisme puis d'une convention internationale globale sur le terrorisme.

L'Union européenne, qui s'est félicité par par ailleurs de la place importante accordée aux droits de l'homme et à l'État de droit dans le rapport du Secrétaire général, a soutenu l'appel en faveur du renforcement du Bureau du Haut Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme et encouragé le Haut Commissaire à présenter dans les meilleurs délais un plan d'action à cet effet.

Sur la question de la réforme du système des Nations Unies, Wang Guangya, Représentant permanent de la Chine, et Président du Conseil de sécurité pour le mois d'avril, s'est prononcé en faveur de la réforme des organes chargés des droits de l'homme. Il a toutefois souhaité que la proposition visant à transformer la Commission des droits de l'homme en Conseil des droits de l'homme soit examinée minutieusement pour éviter d'affaiblir la crédibilité d'un tel organe.

Comme l'UE, la création d'une commission pour la consolidation de la paix est une initiative à laquelle la Chine est également favorable.

Abordant la question de la réforme du Conseil de sécurité, Wang Guangya a approuvé l'élargissement de sa représentation avec une priorité donnée aux pays en développement.

Le représentant de la Chine a proposé que l'on ne se contente pas des deux formules proposées dans le Rapport du Groupe des personnalités de haut niveau sur les menaces, les défis et le changement pour réformer le Conseil de sécurité.

Il ne faut pas non plus fixer un délai pour réaliser la réforme du Conseil de sécurité, a déclaré Wang Guangya.

Se ralliant à la déclaration de l'Union européenne, Emyr Jones Parry, Représentant permanent du Royaume-Uni, a réaffirmé l'engagement de son pays en faveur de la diplomatie multilatérale depuis la création de l'ONU en 1945. « La raison en est que les problèmes mondiaux exigent des solutions mondiales », a-t-il expliqué.

image• Retransmission des consultations à l'Assemblée générale[2h52mins]

 

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