Guinée-Bissau : le Conseil de sécurité préoccupé par la candidature de l'ex-Président Koumba Yala

31 mars 2005

Alors qu'approchent les élections présidentielles en Guinée-Bissau, fixées désormais au 19 juin 2005, le Conseil de sécurité a fait part aujourd'hui dans une déclaration de son Président de sa préoccupation quant à la décision du « Partido da Renovação Social » de faire de l'ancien Président Koumba Yala son candidat à l'élection présidentielle », prévenant contre toute tentative d'attiser les dissensions ethniques ou religieuses.

À l'issue de consultations à huis clos sur la situation en Guinée-Bissau, le Président du Conseil de sécurité pour le mois de mars, Ronaldo Mota Sardenberg du Brésil, a prononcé une déclaration exhortant « tous les acteurs politiques de ce pays à manifester leur adhésion sans équivoque à un processus électoral pacifique aboutissant à des élections transparentes, libres et régulières, en s'abstenant de susciter ou d'attiser des hostilités ethniques ou religieuses de quelque nature que ce soit. »

Le Conseil condamne notamment « vigoureusement toutes tentatives visant à susciter la violence et à entraver les efforts actuellement déployés au service de la paix, de la stabilité et du développement économique et social ».

« Le Conseil de sécurité exprime la préoccupation croissante que lui inspire l'évolution politique récente en Guinée-Bissau, en particulier la décision du « Partido da Renovação Social » de faire de l'ancien Président Koumba Yala son candidat à l'élection présidentielle ».

Selon les informations parues dans la presse, l'ex-Président Koumba Yala, déposé par un coup d'Etat militaire le 14 septembre 2003, est soumis par la « Charte de transition » à l'interdiction formelle d'exercer toute activité politique pendant cinq ans, à partir du 14 septembre 2004.

Ce dernier entend se présenter à l'élection présidentielle, estimant que sa renonciation publique au pouvoir n'avait pas de valeur, ayant « été écarté du pouvoir par la force ».

Toute décision qui, comme celle-ci, « va à l'encontre de la Charte de la transition, risque de compromettre le bon déroulement du processus de transition et de la prochaine élection présidentielle », indique le Conseil de sécurité.

Le Conseil de sécurité souligne en même temps que le processus électoral a un besoin pressant d'aide internationale.

Le 29 mars, le Représentant spécial du Secrétaire général pour l'Afrique de l'Ouest, Ahmedou Ould-Abdallah, avait appelé « tous les Bissau-Guinéens » à respecter la date des élections présidentielles fixées désormais au 19 juin 2005 (voir notre dépêche du 29 mars 2005).

Il avait aussi appelé la communauté internationale à « ne pas négliger la Guinée-Bissau » et à ne pas « la laisser prendre en otage aux mains de groupes et d'individus mal intentionnés ».

 

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