R. D. du Congo : le Conseil de sécurité demande au Gouvernement de désarmer les « combattants étrangers »

30 mars 2005

Prorogeant aujourd'hui le mandat de la Mission de l'ONU en RDC jusqu'en octobre 2005, le Conseil de sécurité engage le Gouvernement à agir en Ituri et dans les Kivus pour mettre fin à l'impunité des milices et désarmer les « combattants étrangers ». Il réaffirme aussi son soutien à la MONUC, qui est autorisée à « utiliser tous les moyens nécessaires » pour dissuader toute tentative de recours à la force.

Le Conseil de sécurité a adopté ce matin, à l'unanimité, la résolution 1592 (2005) par laquelle il proroge, jusqu'au 1er octobre 2005, le mandat de la Mission des Nations Unies en République démocratique du Congo (MONUC).

Le Conseil suit ainsi la recommandation du Secrétaire général dans son dernier rapport sur la question (voir notre dépêche du 28 mars 2005).

Dans sa résolution, le Conseil de sécurité réaffirme sa préoccupation quant aux « hostilités que les groupes armés et milices continuent d'entretenir dans l'Est de la République démocratique du Congo, en particulier dans les provinces du Nord et du Sud Kivu et dans le district d'Ituri », et « par les graves violations des droits de l'homme et du droit international humanitaire qui les accompagnent ».

Il demande au Gouvernement d'unité nationale et de transition d'en traduire les responsables en justice sans délai.

Par ailleurs, « considérant que le maintien de la présence d'éléments des ex-Forces armées rwandaises et Interahamwés demeure une menace sur les populations civiles locales et un obstacle à des relations de bon voisinage entre la République démocratique du Congo et le Rwanda », le Conseil demande à l'Union africaine de travailler à définir le rôle qu'elle pourrait jouer dans la région en coopération avec la Mission de l'Organisation des Nations Unies en République démocratique du Congo (MONUC).

A cet égard, le Conseil demande « au Gouvernement d'unité nationale et de transition d'établir avec la MONUC un concept conjoint d'opérations en vue du désarmement des combattants étrangers par les Forces armées de la République démocratique du Congo, avec l'assistance de la MONUC ».

Il souligne également « l'importance de continuer d'étudier la situation dans les provinces du Katanga des Kasaïs », à propos desquels le Secrétaire général a prévenu dans son rapport qu'elles étaient « considérées comme des zones présentant un risque potentiel extrêmement élevé » « au moment où la République démocratique du Congo aborde la phase électorale ».

Au plan institutionnel, le Conseil de sécurité « demande au Gouvernement d'unité nationale et de transition de mener à bien la réforme du secteur de la sécurité, par la prompte intégration des Forces armées et de la Police nationale de la République démocratique du Congo ».

Enfin, le Conseil insiste sur le fait que « la MONUC est autorisée à utiliser tous les moyens nécessaires, dans la limite de ses capacités et dans les zones de déploiement de ses unités, pour dissuader toute tentative de recours à la force qui menacerait le processus politique, de la part de tout groupe armé, étranger ou congolais notamment les ex-FAR et Interahamwés, et pour assurer la protection des civils sous la menace imminente de violences physiques ».

Plus précisément, elle « encourage à cet égard la MONUC à continuer de faire pleinement usage du mandat que lui a confié la résolution 1565 dans l'Est de la République démocratique du Congo, et souligne que la MONUC peut, conformément à son mandat, utiliser des tactiques d'encerclement et de recherche pour prévenir des attaques contre les civils et perturber les capacités militaires des groupes armés illégaux qui continuent de faire usage de la violence dans ces régions ».

Enfin, le Conseil de sécurité engage les pays qui mettent à disposition des contingents à accorder la plus grande attention aux propositions du Secrétaire général pour lutter contre les abus sexuels dans le cadre des missions de maintien de la paix de l'ONU, et à prendre les mesures appropriées pour empêcher que des actes d'exploitation ou d'abus sexuels soient commis par leurs personnels servant dans la MONUC.

image• Retransmission vidéo de la séance du Conseil de sécurité

 

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