«Ne laissez pas s'effondrer la Guinée-Bissau», exhorte l'Envoyé de l'ONU pour l'Afrique de l'Ouest

29 mars 2005

Le Représentant spécial du Secrétaire général pour l'Afrique de l'Ouest, Ahmedou Ould-Abdallah, a appelé aujourd'hui « tous les Bissau-Guinéens » à respecter la date des élections présidentielles fixées désormais au 19 juin 2005, alors que le dernier rapport du Secrétaire général prévient qu'en dépit d'améliorations considérables, le pays continue de « se heurter à d'énormes difficultés ».

La date des élections présidentielles en Guinée-Bissau ayant maintenant été fixée au 19 juin 2005, « en dehors du calendrier établi par 'la charte politique transitoire', le Représentant Spécial du Secrétaire général de l'ONU pour l'Afrique de l'Ouest, Ahmedou Ould-Abdallah, a exprimé aujourd'hui l'espoir que « tous les Bissau-Guinéens s'engageront à respecter la nouvelle date sans report supplémentaire », indique un communiqué du Bureau du Représentant spécial du Secrétaire général pour l'Afrique de l'Ouest publié aujourd'hui à Dakar.

Dans son message, le Représentant spécial « félicite le président Henrique Rosa pour ses efforts continus et espère que les Bissau-Guinéens feront leur possible pour assurer la mise en place d'un environnement politique propice à la tenue d'élections libres et transparentes, et dans une atmosphère paisible ».

Le Représentant spécial relaie ainsi le message transmis par le Secrétaire général dans son dernier rapport (S/2005/174) sur la Guinée-Bissau, dans lequel il estime que « les prochaines élections présidentielles mettront officiellement un terme au processus de transition amorcé par la Charte de transition politique et marquera le plein rétablissement de l'ordre constitutionnel ».

« Vues sous cet angle, les élections devraient être une célébration de la liberté de choisir dans le cadre d'un ordre démocratique rétabli et une manifestation de la maturité politique des candidats et de l'électorat. Toutefois, mal préparées et mal organisées, ces élections pourraient constituer une nouvelle source de tension et d'instabilité », prévient le Secrétaire général dans son rapport.

«Maintenant que le processus est proche de son achèvement, notre attention ne doit pas faillir » a affirmé Ahmedou Ould-Abdallah, tout en notant avec satisfaction que les pays voisins, notamment le Sénégal et les pays de la CEDEAO avaient « suivi de près la situation en Guinée-Bissau pendant la transition ».

Ahmedou Ould-Abdallah note par ailleurs « avec une préoccupation grandissante que les développements des dernières semaines ont accru les tensions politiques dans le pays ».

Il lance un appel pressant « à tous ceux qui ont un rôle politique déterminant, en particulier les anciennes hautes personnalités de l'Etat, à ne pas se laisser entraîner à des manipulations politiques sur des bases ethniques ou religieuses. Il en appelle à eux afin de s'abstenir de toute action qui pourrait diviser le pays, son armée et ses institutions ».

« La balle est dans votre camp pour que le pays reste unifié et en paix. Ne laissez pas la Guinée-Bissau s'effondrer», a-t-il déclaré.

Le Représentant Spécial du Secrétaire Général a enfin appelé la communauté internationale à ne pas négliger la Guinée-Bissau et à continuer à appuyer les efforts de la CEDEAO et des Nations Unies.

Saluant la visite récente du Président Pires du Cap Vert en Guinée-Bissau, Ahmedou Ould-Abdallah a estimé que « la Guinée-Bissau est certes un petit pays pauvre et instable », mais que « ce ne sont pas des raisons pour la laisser prendre en otage aux mains de groupes et d'individus mal intentionnés ».

Dans son rapport, le Secrétaire général rappelle qu'en dépit « d'une amélioration considérable », « la Guinée-Bissau continue de se heurter à d'énormes difficultés ».

« L'État ne parvient toujours pas à surmonter ces difficultés ni à répondre efficacement aux besoins essentiels de la population; la réforme militaire n'a encore pas abouti; il reste à forger entre les principales entités nationales intéressées un consensus sur les moyens de promouvoir la paix, la justice et la réconciliation, et les contentieux qui existent de longue date n'ont pas disparu ».

Le Représentant du Secrétaire général pour la Guinée-Bissau, Joao Honwana, présentera aujourd'hui le rapport lors d'un exposé au Conseil de sécurité, lors de consultations à huis clos.

 

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