Réforme de l'ONU : un « contrat » proposé à la communauté internationale

20 mars 2005

Lors d'une conférence de presse marquant aujourd'hui le lancement du Rapport du Secrétaire général sur la réforme des Nations Unies, son Chef de Cabinet, Mark Malloch Brown a souligné qu'il s'agissait d'un « contrat finement ciselé » que proposait Kofi Annan au monde, où « chacun devrait trouver motif à satisfaction » et devrait respecter l'équilibre des propositions.

« Si un rapport de l'ONU porte l'empreinte de Kofi Annan, c'est bien celui-là », a déclaré aujourd'hui Mark Malloch-Brown, Chef de Cabinet du Secrétaire général, lors d'une conférence de presse (retransmission vidéo) qui s'est tenue aujourd'hui au Siège de l'ONU, à New York, pour marquer la diffusion publique de son Rapport intitulé « Dans une plus grande liberté », en présence de Shashi Tharoor, Secrétaire-général adjoint à l'information et de Robert Orr, Sous-Secrétaire général à la planification des politiques (voir, pour un aperçu des recommandations contenues dans le Rapport, notre dépêche d'aujourd'hui).

Mark Malloch Brown a souligné que Kofi Annan s'était personnellement engagé dans ce processus de réforme planifié de longue date.

Il a aussi rappelé qu'il s'était également profondément impliqué dans l'élaboration de ses rapports précurseurs, à savoir le rapport du Groupe de personnalités de haut niveau sur les menaces, le défi et le changement, intitulé « Un monde plus sûr : notre affaire à tous » publié le 2 décembre dernier, ainsi que du rapport de Jeffrey Sachs sur la mise en oeuvre des objectifs du Millénaire, « Investir dans le développement : plan pratique pour réaliser les objectifs du Millénaire », publié le 17 janvier dernier.

« C'est un contrat finement ciselé que propose le Secrétaire général au monde », a précisé Mark Malloch-Brown, « à partir des rapports cités et des réactions qu'ils ont suscités, notamment à l'Assemblée générale, en allant parfois plus loin, parfois non ».

« Ainsi, des 101 propositions du rapport du Groupe de haut niveau, 20 se retrouvent dans le Rapport et 13 dans le projet de résolution annexé, mais le Secrétaire général va plus loin dans le domaine des droits de l'homme », a-t-il rappelé.

Le Secrétaire général propose ainsi la création d'un nouveau Conseil des droits de l'homme aux côtés du Conseil de sécurité et du Conseil économique et social, composé de membres élus aux 2/3 des votes de l'Assemblée générale, et tenus à des critères de base.

Quant au terrorisme, le Secrétaire général « n'a pas changé un mot » à la définition du terrorisme adoptée dans le rapport du Groupe de haut niveau, en dépit des pressions importantes en ce sens, a souligné le Chef de Cabinet de Kofi Annan.

Le Secrétaire général propose encore que le critère de l'aide au développement, mesurée par une assistance minimum au développement de 0,7% du PNB, soit utilisé pour déterminer l'admission au Conseil de sécurité élargi, et pas seulement la contribution militaire. « Nous détectons un mouvement très fort en ce sens en Europe », a fait remarquer le Chef de Cabinet du Secrétaire général, qui occupe encore pour l'instant son poste d'Administrateur du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD).

« Comme dans tout contrat », tout 'deal' comme l'a dit Mark Malloch Brown en anglais, « nous espérons qu'il y aura de quoi satisfaire chacun, tout en étant conscient que réciproquement chacun pourra faire valoir un motif à colère ».

« Manifestement, il y aura des négociations, car le Secrétaire général ne peut imposer des mesures toutes faites aux Etats », a précisé Mark Malloch Brown, « mais le Secrétaire général souligne l'importance de ne pas le considérer comme un menu 'à la carte' (sic). »

« C'est un tout » qui « doit être préservé si chacun doit être satisfait, et si l'on veut préserver l'intégrité conceptuelle de l'idée de libertés au sens large, englobant les libertés économiques et sociales ainsi que l'on entendu les fondateurs de l'ONU dans la Charte des Nations Unies », a-t-il affirmé.

Le titre du rapport est tiré d'un passage du Préambule de la Charte des Nations Unies, dans lequel les « peuples des Nations Unies » se déclarent résolus à « favoriser le progrès social et instaurer de meilleures conditions de vie dans une liberté plus grande”.

Sur le fond, les réformes visent en premier lieu à mettre au même niveau les droits de l'homme, les droits économiques et la sécurité, a conclu Mark Malloch Brown, laissant à Robert Orr, Sous-Secrétaire général à la planification des politiques, le soin de présenter les grandes lignes du Rapport (voir notre dépêche d'aujourd'hui).

imageRetransmission de la conférence de presse[54 mins]

 

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