Le Procureur de la CPI « conscient » du processus de réconciliation en Ouganda dans le cadre de son enquête

18 mars 2005

En visite à la Cour pénale internationale à l'invitation de son Procureur général qui mène une enquête sur les atrocités commises dans le nord de l'Ouganda, Luis Moreno-Ocampo a répondu, dans une déclaration, aux chefs de la communauté Acholi venues plaider pour que l'enquête soit menée en prenant en compte le processus de réconciliation en cours.

En visite à la Cour pénale internationale à l'invitation de son Procureur général qui mène une enquête sur les atrocités commises dans le nord de l'Ouganda, Luis Moreno-Ocampo a répondu, dans une déclaration, aux chefs de la communauté Acholi venues plaider pour que l'enquête soit menée en prenant en compte le processus de réconciliation en cours.

Une visite auprès de la Cour pénale internationale (CPI) de responsables de la communauté Acholi du nord de l'Ouganda s'est achevée aujourd'hui par la publication d'une déclaration du Procureur général de la Cour, indique un communiqué paru aujourd'hui.

Cette visite, qui s'est tenue du 16 au 18 mars, était organisée à l'invitation du Procureur de la Cour, Luis Moreno-Ocampo, et a également donné l'occasion d'une rencontre avec le Greffier de la CPI, M. Bruno Cathala.

La communauté Acholi du Nord de l'Ouganda est victime depuis près de 18 ans des massacres, viols, pillages et enlèvements d'enfants commis par l'Armée de résistance du Seigneur (LRA selon son acronyme anglais), dirigée par son chef mystique Joseph Kony, qui prétend faire appliquer les dix commandements bibliques.

Les agissements de la LRA, qui bénéficient d'appuis du gouvernement soudanais en raison de ses luttes avec les mouvements rebelles du Sud Soudan, ont fait depuis 1987 près de 100.000 morts, causé le déplacement de près de 2 millions de personnes qui vivent dans des camps aux conditions sanitaires déplorables et enlevé près de 25 000 enfants, transformés en machines à tuer et en esclaves sexuels.

Luis Moreno-Ocampo, répondant à la déclaration faite par les chefs communautaires et religieux ougandais qui lui demandait de prendre en compte les tentatives de réconciliation en Ouganda, a rappelé « qu'il avait la responsabilité d'enquêter et de poursuivre les auteurs des crimes internationaux graves, en prenant en compte les intérêts des victimes et de la justice ».

« Je suis conscient des processus de réconciliation en cours et de la justice traditionnelle, et je reste sensible aux efforts des leaders pour promouvoir le dialogue entre les différents acteurs afin de parvenir à la paix », a-t-il déclaré.

« Le Procureur a une politique claire qui consiste à se concentrer sur ceux qui portent la plus grave responsabilité pour les atrocités commises. Je reconnaît également le rôle vital qui doit être joué par les dirigeants nationaux et locaux pour parvenir à la paix, à la justice et à la réconciliation », ajoute-t-il dans sa déclaration.

Dans leur déclaration, les dirigeants de la communauté Acholi demandaient en outre au Procureur de « ne pas mener d'enquête sur les personnes qui avaient déjà bénéficié d'une amnistie ».

Quant aux discussions avec le Greffier, M. Cathala, « elles ont principalement porté sur des sujets d'intérêt commun et plus particulièrement sur la question des victimes et de la justice. Ces discussions font suite aux premiers contacts établis en Ouganda entre les représentants de la section des victimes et les communautés locales », précise le communiqué de la Cour.

Aux termes du Statut de Rome, le Greffier a la responsabilité de créer une division chargée d'assister les victimes et témoins, et il est également responsable de la communication publique et externe de la CPI.

 

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