Burundi : le Conseil de sécurité invite les dirigeants politiques à tenir rapidement des élections

15 mars 2005

Dans une déclaration présidentielle, le Conseil de sécurité salue les résultats du référendum sur la Constitution qui prévoit, après 11 années de guerre civile, de répartir plus équitablement le pouvoir entre l'ethnie hutu majoritaire et l'ethnie tutsie minoritaire et traditionnellement dominante. Il invite aussi les dirigeants politiques à tenir rapidement les élections locales et nationales, libres et transparentes.

À l'issue de consultations sur la situation au Burundi, le Conseil de sécurité a salué hier, dans une déclaration présidentielle lue par son président pour le mois de mars et ambassadeur du Brésil, Ronaldo Mota Sardengberg, l'approbation par le peuple burundais de la Constitution de « l'après-Transition », lors du référendum du 28 février 2005 dont les résultats définitifs viennent d'être proclamés.

« La très large participation des citoyens burundais, qui ont massivement voté en faveur de la Constitution, témoigne de leur adhésion au processus de paix. Il s'agit d'un événement important pour le Burundi et pour toute la région de l'Afrique des Grands Lacs », a déclaré le Conseil de sécurité.

Le Conseil a appelé par ailleurs tous les Burundais à demeurer engagés dans la voie de la réconciliation nationale et invité les dirigeants politiques du pays à œuvrer ensemble dans l'objectif commun de tenir rapidement des élections locales et nationales qui soient libres et transparentes.

Le 3 mars dernier, l'Opération des Nations Unies au Burundi (ONUB) s'était félicitée du bon déroulement du scrutin référendaire dans lequel 90% de la population burundaise avait voté 'oui' à la nouvelle Constitution qui prévoit de répartir plus équitablement le pouvoir entre les deux ethnies du pays, la majorité hutu et la minorité tutsie traditionnellement dominante (voir notre dépêche du 3 mars 2005).

Le 2 mars dernier, le Secrétaire général avait lui aussi félicité le Burundi et appelé toutes les parties burundaises à assurer la tenue rapide d'élections nationales qui concluraient le processus de transition (voir notre dépêche du 2 mars 2005).

Il a par ailleurs rendu public hier son troisième rapport sur le Burundi qui décrit notamment le déroulement de la phase de transition, la situation militaire et sécuritaire, le niveau de déploiement de l'ONUB et la situation des droits de l'homme depuis le 15 novembre 2004.

Dans ce rapport, le Secrétaire général cite les tâches essentielles et urgentes à accomplir alors que le processus de transition entre dans sa phase finale. Il s'agit de promulguer le code électoral, de fixer des dates réalistes pour le calendrier électoral et d'amorcer un processus d'intégration militaire et policière qui tient compte des préoccupations de toutes les parties.

Le Secrétaire général souhaite également que l'attention soit recentrée sur l'idée d'impunité qui est ancrée dans les esprits afin, explique-t-il, de poser les fondements d'une paix durable et d'une réconciliation nationale. Cette question, dit-il, doit être l'une des priorités du gouvernement nouvellement élu lorsqu'il aura été mis en place.

Le 11 mars dernier, le Haut Commissariat aux réfugiés (HCR) annonçait que plus de 800 Tutsis et pygmées Twa avaient dû fuir le Burundi, avant la tenue du référendum sur la constitution, pour se réfugier au Rwanda après avoir été menacés de mort par les Hutus (voir notre dépêche du 11 mars 2005).

 

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