Kofi Annan appelle à préserver les droits de l'homme dans la lutte contre le terrorisme

11 mars 2005

Présent aujourd'hui aux commémorations de l'attentat de la gare ferroviaire de Madrid, le Secrétaire général a réitéré l'importance de protéger les droits de l'homme et de parvenir à une définition du terrorisme permettant une coopération multilatérale, soulignant que « toute tentative de tuer des civils ou de mutiler des non-combattants est du terrorisme pur et simple, quelle qu'en soit la cause ».

Le Secrétaire général a exprimé aujourd'hui ses condoléances au peuple espagnol, à l'occasion de la commémoration, à Madrid, de « l'attaque terroriste barbare qui a tué 192 personnes et blessé plus de 2000 autres » à la gare centrale.

Kofi Annan a présenté hier une stratégie d'ensemble pour lutter contre ce fléau, au Sommet international sur la démocratie, le terrorisme et la sécurité organisé à l'initiative du Gouvernement espagnol (voir notre dépêche du 10 mars 2005).

« En Espagne comme ailleurs, ces dernières années, le terrorisme semble faire partie du paysage », a déploré le Secrétaire général qui a rappelé que « la vérité est que l'on peut faire beaucoup pour dissuader le terrorisme, et pour priver les terroristes des moyens de commettre de tels actes, sans sacrifier les droits de l'homme ».

Interrogé sur le lien entre ses commentaires sur la nécessité de protéger les droits de l'homme et « les mesures prises par les Etats-Unis au lendemain du 11 septembre 2001 ou même par l'Espagne, au regard des critiques à l'égard de la façon dont elle traite les détenus », le Secrétaire général a indiqué que « ses commentaires étaient dirigés contre tous les pays ».

« Nous constatons une tendance à prendre des mesures tendant à saper les droits civils et les droits fondamentaux ». « En fait, dans certains pays, il suffit de taxer son opposant de terroriste, pour prendre n'importe quelle mesure à son encontre ». « Il faut s'assurer qu'il existe un équilibre entre les mesures de lutte contre le terrorisme et la protection des droits de l'homme, qui ne doit pas être considérée comme un compromis ».

Répondant au fait de savoir si l'élimination d'un chef radical tel que le leader Tchétchène Aslan Maskhadov faisait partie de la lutte contre le terrorisme, le Secrétaire général a estimé que « dans la lutte contre le terrorisme, les gouvernements avaient tendance à rechercher les responsables de l'instigation des attaques et qu'ils essayaient soit de les traduire en justice soit de les maîtriser ».

Mais il est essentiel « que ceux qui ont des réclamations légitimes puissent trouver des moyens légitimes de plaider leur cause. Et lorsque je parle de terrorisme, toute tentative de tuer des civils ou de mutiler des non-combattants est du terrorisme pur et simple, quelle qu'en soit la cause», a déclaré le Secrétaire général.

Le Secrétaire général a par ailleurs rappelé l'importance de parvenir à une définition commune du terrorisme, même s'il existait déjà douze instruments de l'ONU contre le terrorisme, afin de combler les failles dans le mécanisme de droit international.

« Le multilatéralisme fait partie intégrante de ce processus », car « nous devons travailler avec plusieurs pays et nous avons besoin d'une coopération internationale. Les Gouvernements ont besoin de partager l'information, leurs forces de police et de renseignement ont besoin de travailler ensemble, et sans cette coopération, nous ne pourrons pas vaincre le terrorisme », a affirmé Kofi Annan.

Le Secrétaire général a informé également qu'un Fonds d'affectation spéciale devrait être mis en place pour financer l'assistance aux pays qui n'étaient pas en mesure d'appliquer les mesures exigées par les conventions ou par les résolutions du Conseil de sécurité.

- Dossier Lutte contre le terrorisme du site de l'ONU

 

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