A Madrid, Kofi Annan dévoile sa stratégie pour lutter contre le terrorisme à l'échelle mondiale

10 mars 2005

Le Secrétaire général a présenté à Madrid cinq éléments qui constituent les grands axes d'une stratégie pour lutter contre le terrorisme à l'échelle mondiale et qui engage les Etats Membres à suspendre les débats politiques sur le « terrorisme d'Etat » et le « droit de résister à l'occupation » afin de conclure au plus vite une convention prohibant le terrorisme sous toutes ses formes. Il a aussi rappelé que la défense des droits de l'homme était au premier rang de ce combat.

Lors d'un discours prononcé au Sommet international sur la démocratie, le terrorisme et la sécurité organisé à Madrid en hommage aux victimes des attentats perpétrés l'an dernier dans la gare ferroviaire, le Secrétaire général a exhorté les États Membres à adopter « une approche commune pour combattre le terrorisme », à rechercher « une concordance de vues sur la nature de la menace » et à surmonter « les dissensions et les atermoiements dans les négociations portant sur la définition de la notion de terrorisme, qui depuis trop longtemps affaiblissaient l'autorité morale de l'Organisation ».

Pour la première fois, et avant la parution de son rapport prévue au mois de mars qui servira de base au sommet de New York qui se tiendra au Siège de l'ONU en septembre prochain, le Secrétaire général a exposé les grands axes d'une stratégie globale à l'échelle du système des Nations Unies pour lutter contre le terrorisme.

« Faire comprendre aux groupes marginalisés que le terrorisme n'est pas une tactique acceptable pour atteindre leurs objectifs, dénier aux terroristes l'accès aux moyens qui leur permettent de mener leurs attaques, dissuader les États de soutenir des terroristes, renforcer les capacités de l'État en matière de prévention du terrorisme, défendre les droits de l'homme dans le cadre de la lutte contre le terrorisme », sont les cinq éléments clefs qui constituent l'épine dorsale d'une nouvelle stratégie pour lutter contre le terrorisme.

En dévoilant cette nouvelle stratégie, le Secrétaire général a engagé les États Membres à suspendre les débats politiques sur le « terrorisme d'État » et le « droit de résister à l'occupation » et à s'entendre pour conclure une convention globale prohibant le terrorisme sous toutes ses formes.

Il a ainsi exhorté les dirigeants du monde entier à se rallier à la définition établie par le Groupe de personnalités de haut niveau dans le rapport sur les menaces, les défis et le changement publié en décembre dernier.

Le Groupe préconisait une définition dans laquelle on indiquerait clairement que serait qualifié de terrorisme « tout acte commis dans l'intention de causer la mort ou des blessures graves à des civils ou à des non-combattants, qui a pour objet d'intimider une population ou de contraindre un gouvernement ou une organisation internationale à accomplir un acte ou à s'abstenir de le faire ».

Le Secrétaire général a souligné que « non seulement les dirigeants politiques, mais aussi les dirigeants religieux et ceux de la société civile devaient dénoncer ouvertement la tactique du terrorisme comme étant criminelle et inexcusable », faisant observer que « la véritable cause première du terrorisme résidait dans le fait que les groupes terroristes étaient convaincus que leur tactique était efficace et approuvée au moins par ceux au nom desquels ils prétendaient agir ».

La tâche qui nous incombe est de démontrer de façon indiscutable qu'ils ont tort, a-t-il ajouté.

La nécessité de responsabiliser davantage tous les États et de renforcer leurs moyens d'action pour la prévention et la répression du terrorisme est un autre élément clef de la lutte mondiale contre le terrorisme.

A cet égard, le Secrétaire général a déclaré qu'il fallait « promouvoir la primauté du droit en s'appuyant sur des forces de police et de sécurité compétentes qui respectaient les droits de l'homme », faisant remarquer que la défense des droits de l'homme ne devait pas simplement être compatible avec une stratégie efficace de lutte contre le terrorisme mais qu'elle en constituait un élément essentiel.

Le Secrétaire général a par ailleurs annoncé la création d'une équipe spéciale au sein de son cabinet qui se réunirait régulièrement pour examiner les questions relatives au traitement du terrorisme et les questions connexes à l'échelle du système des Nations Unies.

- Dossier Lutte contre le terrorisme du site de l'ONU

 

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