PNUE : le fleuve Congo pourrait devenir la turbine du continent africain

24 février 2005

L'agence de l'ONU pour l'environnement est prête à apporter ses conseils à un projet monumental qui vise à alimenter l'Afrique tout entière en électricité grâce à l'énergie hydraulique du « puissant fleuve Congo », afin de trouver un équilibre entre considérations environnementales et considérations socioéconomiques. 526 millions de personnes sur le continent sont dépourvues d'accès à l'électricité.

« Une des grandes compagnies africaines d'énergie projette l'exploitation hydroélectrique du puissant fleuve Congo », indique un communiqué du Programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE) publié aujourd'hui à Nairobi, qui précise que le projet devrait générer « plus qu'assez de courant pour alimenter l'industrialisation du continent tout entier ».

« Le projet, qui se limitera dans un premier temps aux cascades d'Inga », devrait permettre à terme « l'exportation du surplus d'électricité vers l'Italie, l'Espagne et l'Europe du Sud en général » grâce à un interconnecteur sous la Méditerranée.

Le projet a été dévoilé par Reuel Khoza, président de Eskom Holdings, une compagnie sud-africaine de production de courant, à l'occasion d'une réunion intitulée « le monde des affaires en Afrique et le développement durable », organisée par le PNUE en marge de la 23ème session de son Conseil d'administration, qui regroupe des ministres de l'environnement du monde entier.

La réunion s'est penchée sur la façon dont « l'approvisionnement d'eau et d'énergie sous-tend les besoins de développement durable et peut contribuer à la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement et le Plan d'action de Johannesburg ».

Réagissant à cette annonce, Monique Barbut, Directrice au PNUE de la Division de la technologie, de l'industrie et de l'économie, a déclaré: « le continent africain a besoin d'énergie pour atteindre les Objectifs du Millénaire pour le développement. Les technologies, petites et grandes - houillères, pétrolières, éoliennes ou solaires - ont toutes un rôle à jouer », a-t-elle indiqué ajoutant qu'il fallait « faire en sorte qu'elles soient propres et respectueuses de l'environnement ».

« L'hydroélectricité a aussi un rôle à jouer. Le PNUE est disposé à offrir aides et conseils aux compagnies, comme Eskom, et aux gouvernements d'Afrique qui souhaitent développer ces technologies afin de trouver un équilibre entre considérations environnementales et considérations socioéconomiques », a-t-elle ajouté.

Selon le communiqué du PNUE, « l'hydroélectricité tirée du Congo pourrait générer plus de 40 000 mégawatts, assez d'énergie pour nourrir l'industrialisation de l'Afrique et pour vendre le surplus à l'Europe méridionale ».

Au titre du Protocole de Kyoto, qui est entré en vigueur la semaine dernière (voir notre dépêche du 16 février 2005), les pays développés pourront compenser certaines de leurs émissions en soutenant des projets écologiques dans le monde en développement.

Selon l'agence de l'ONU pour l'environnement, « aujourd'hui, 64% de la population africaine seulement a accès à de l'eau salubre en quantité suffisante. On estime que 526 millions de personnes en Afrique ne sont pas connectées à un réseau électrique. La situation en zones rurales se détériora certainement davantage d'ici 2025 si les tendances actuelles persistent ».

Selon les participants à la réunion, la crise hydrique et énergétique qui menace l'Afrique ne sera résolue que si le secteur privé investit davantage dans les infrastructures et les services pertinents.

 

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