Bilan mitigé pour les huit normes pour le Kosovo, selon un rapport de l'ONU

23 février 2005
carte du Kosovo

Malgré des progrès notables et une « maturité politique » démontrée lors de la formation du Gouvernement, le dernier rapport du Secrétaire général sur le Kosovo, qui contient en annexe une évaluation technique des progrès, indique que l'application des normes prioritaire pour le relèvement du Kosovo restent encore mitigés, aucune des huit normes n'étant encore pleinement mise en oeuvre.

Malgré des progrès notables et une « maturité politique » démontrée lors de la formation du Gouvernement, le dernier rapport du Secrétaire général sur la situation au Kosovo (S/2005/88) du Secrétaire général sur le Kosovo, qui contient en annexe une évaluation technique des progrès, indique que l'application des normes prioritaire pour le relèvement du Kosovo restent encore mitigés, aucune des huit normes n'étant encore pleinement mise en oeuvre.

Bien que « la détermination des dirigeants du Kosovo et de nos partenaires internationaux » ait permis de « progresser dans l'application d'une stratégie d'ensemble », « les progrès de l'application des normes ont, dans l'ensemble, été mitigés, et aucune des huit normes définies pour le Kosovo n'est encore pleinement respectée », affirme le Secrétaire général dans son dernier rapport au Conseil de sécurité, établi en application de la résolution 1244 (1999), pour la période du 1er novembre 2004 au 31 janvier 2005.

« Je ne saurais trop insister sur le fait que la dynamique actuelle ne se maintiendra que si les Institutions provisoires, les dirigeants politiques et les membres de toutes les communautés progressent de façon tangible sur la voie de l'application des normes » affirme Kofi Annan.

« De tels progrès ne seront possibles que si la nouvelle équipe dirigeante ne s'en tient pas à de bonnes paroles et de bonnes intentions et fait en sorte que les dispositions et mesures positives qu'elle a annoncées produisent des résultats concrets et durables dans tous les domaines, au bénéfice de tous les habitants du Kosovo et de sa population déplacée », ajoute-t-il, prévenant que « toute nouvelle flambée de violence, du genre de celle qui s'est produite en mars 2004, ne pourrait que faire régresser le Kosovo ».

Le Secrétaire général encourage en conséquence des efforts « plus soutenus » dans les domaines qui importent aux communautés minoritaires, « même si la majeure partie des mouvements politiques et des dirigeants des Serbes du Kosovo continuent de se tenir à l'écart des instances centrales des institutions ».

Le rapport souligne en effet que « les communautés minoritaires n'ont toujours qu'une confiance limitée dans l'appareil politique et administratif du Kosovo » et que leur participation au processus politique comme leur présence dans la haute fonction publique restent très limitées.

Par exemple, « les minorités en général utilisent les moyens de transport qui leur sont spécialement affectés ou se déplacent accompagnées d'une escorte militaire, le plus souvent d'une région minoritaire à une autre, ce qui limite leur accès aux services, à l'emploi et à la justice et, partant, leurs possibilités de vie normale et de moyens sûrs de subsistance ».

De même, les craintes des minorités sont entretenues par l'existence d'incidents isolés

– qui ne sont pas toujours condamnés ou abordés par les dirigeants politiques – au cours desquels les services de transport destinés aux minorités font l'objet de tirs de pierres, des graffiti de haine sont peints sur les bâtiments municipaux, les logements inoccupés des minorités sont pillés, et les droits linguistiques des minorités ne sont pas respectés.

« Dans les secteurs de la santé et de l'éducation, les Serbes du Kosovo maintiennent encore des structures parallèles », affirme le rapport, qui souligne que « les chances d'une amélioration demeurent compromises par l'opposition du Gouvernement serbe à toute participation véritable des Serbes du Kosovo au fonctionnement des institutions et aux processus engagés au Kosovo ».

« Je demande instamment aux Serbes du Kosovo de prendre une part active au fonctionnement des institutions du Kosovo et aux processus en cours, et je demande aux autorités serbes de les y encourager », déclare Kofi Annan dans son rapport, engageant en particulier les Serbes du Kosovo à participer à la réforme de l'administration locale.

Le Secrétaire général rappelle par ailleurs que son Représentant spécial pour le Kosovo, Søren Jessen-Petersen, « continuera d'encourager la participation constructive de tous les intéressés afin que s'instaure une société multiethnique stable ».

« Les Institutions provisoires ont, quant à elles, l'obligation de collaborer avec mon Représentant spécial et les dirigeants du Kosovo afin que les obstacles actuels puissent être surmontés et que les groupes minoritaires puissent véritablement prendre part dans tous les domaines à la vie du Kosovo », conclut le Secrétaire général dans son rapport.

 

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