Haïti : l'évasion de 481 prisonniers due à des lacunes de sécurité et des complicités, selon la MINUSTAH

22 février 2005

L'ex-Premier ministre Yvon Neptune et l'ancien ministre de l'Intérieur Jocelerme Privert, ont été reconduits en prison par la Mission de l'ONU en Haïti, à leur demande, à la suite d'une évasion organisée samedi par un commandement armé, qui a permis à plus de 480 prisonniers de s'évader du pénitencier de Port-au-Prince.

« La Mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti (MINUSTAH) déplore les graves événements qui se sont déroulés, le samedi 19 février 2005, au Pénitencier national de Port-au-Prince où, à la suite de l'intervention violente d'un commando armé, 481 prisonniers ont pu s'évader. », indique un communiqué diffusé par son porte-parole, le 21 février à Port-au-Prince.

« La MINUSTAH regrette, par ailleurs, la mort, au cours de cette opération, du policier Oméus Jean Marie Guerrier, et présente ses condoléances à la famille du défunt, de même qu'à la Police Nationale d'Haïti (PNH) ».

Selon la Mission de l'ONU, « des lacunes sérieuses dans les dispositifs de sécurité », ainsi que « des complicités au sein du système pénitencier » expliquent cette opération, précisant que « trois personnes, dont l'ex-Premier ministre Yvon Neptune et l'ancien ministre de l'Intérieur Jocelerme Privert, ont été reconduites, à leur demande et de leur propre gré, au pénitencier national », en coopération avec la PNH.

La MINUSTAH se dit prête à apporter son « soutien au gouvernement de transition dans la recherche des personnes encore en fuite, de même que dans l'amélioration des procédures judiciaires dans le but de réduire le nombre des détenus non jugés ».

La Mission de l'ONU salue par ailleurs la mise sur pied d'une « commission d'enquête indépendante, qui devrait rendre public très rapidement les résultats de ses investigations ».

Lors de son intervention à la 16e rencontre des chefs d'Etat et de Gouvernement de la Communauté des Caraïbes, Juan Gabriel Valdés, Représentant spécial du Secrétaire général et chef de la MINUSTAH, avait fait part de progrès au plan sécuritaire, tout en soulignant des difficultés notamment dans le domaine du désarmement (voir notre dépêche du 18 février 2005).

 

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