UNESCO : pas de paix au Népal sans respect des droits fondamentaux

UNESCO : pas de paix au Népal sans respect des droits fondamentaux

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Déplorant la perte en quelques jours de « 15 ans d'acquis en matière de liberté de la presse », le directeur de l'agence de l'ONU pour l'éducation et la culture a rappelé que le Népal ne pourrait pas vivre en paix sans respecter les droits fondamentaux.

Déplorant la perte en quelques jours de « 15 ans d'acquis en matière de liberté de la presse », le directeur de l'agence de l'ONU pour l'éducation et la culture a rappelé que le Népal ne pourrait pas vivre en paix sans respecter les droits fondamentaux.

Le Directeur général de l'UNESCO, Koïchiro Matsuura, a exprimé aujourd'hui sa profonde inquiétude face aux atteintes portées à la vie démocratique et à la liberté d'expression depuis la proclamation de l'état d'urgence au Népal, indique un communiqué de l'agence publié le 16 février à Paris.

« L'annonce de la fermeture de dizaines de médias, d'un contrôle direct des forces armées sur les autres, de l'interdiction de toute publication d'information critique, ainsi que les nombreuses arrestations de journalistes, constituent autant d'atteintes à la liberté d'expression que l'UNESCO a pour mission de défendre », a déclaré Koïchiro Matsuura.

« En quelques jours, ce sont 15 ans d'acquis en matière de liberté de la presse, et par conséquent de progrès démocratiques, qui ont été réduits à néant. La liberté de la presse, comme les autres libertés fondamentales, est pourtant indispensable à la bonne marche d'une société. Le Népal ne pourra vivre en paix sans respecter les droits fondamentaux, la démocratie et le multipartisme », a-t-il poursuivi.

L'agence de l'ONU indique que « selon le Kathmandu Post, près de 1000 journalistes risquent de se retrouver sans travail du fait de l'interdiction de diffuser de l'information sur les radios FM. Plusieurs dirigeants de la Fédération des journalistes népalais seraient obligés de se cacher. Les communications ont été rétablies mais les fermetures de médias se poursuivraient selon Reporters sans Frontières ».

Le directeur de l'UNESCO a rappelé que le Secrétaire général des Nations Unies, Kofi Annan, avait dès le 1er février qualifié de « recul grave pour le pays », les dispositions visant à dissoudre le gouvernement, instaurer l'état d'urgence et suspendre les libertés publiques et la liberté d'expression (voir notre dépêche du 1er février 2005 et voir aussi notre dépêche du 27 janvier 2005 sur la déclaration de Louise Arbour, Haute Commissaire aux droits de l'homme).

Cette condamnation avait été suivie d'un communiqué conjoint de neuf experts de l'ONU (voir notre dépêche du 8 février 2005).