Tsunami : la reconstruction du secteur de la pêche vise une exploitation responsable

17 février 2005

Les dernières évaluations des dégâts causés en Asie par le raz-de-marée, qui s'élèvent à près de 520 millions de dollars, révèlent le coût énorme de la réhabilitation des secteurs de la pêche, indique l'agence de l'ONU pour l'alimentation et l'agriculture qui espère maintenant créer une industrie durable et responsable et ainsi éviter les erreurs de la période ayant précédé le tsunami, à savoir la surexploitation et la surproduction.

Selon les dernières évaluations des dégâts causés par le tsunami qui a frappé l'Asie du Sud le 26 décembre dernier, les pertes directes du secteur de la pêche se chiffrent à 520 millions de dollars, indique un communiqué de l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO).

Selon les dernières estimations de la FAO, 111.073 bateaux de pêche ont été détruits ou endommagés, le coût estimatif de leur remplacement s'élevant à 161 millions de dollars. Par ailleurs, 36.235 moteurs ont été perdus ou endommagés sans espoir de réparation, pour un coût du remplacement de 73 millions de dollars. Enfin, 1,7 million équipements de pêche ont été détruits, pour un coût de remplacement de 86 millions de dollars.

Les coûts de la réparation des autres dégâts infligés au secteur de la pêche (aquaculture, infrastructures industrielles, ports) sont supérieurs à 200 millions de dollars.

Ces chiffres se réfèrent aux sept pays les plus touchés par le tsunami, à savoir l'Inde, l'Indonésie, les Maldives, le Myanmar, la Somalie, le Sri Lanka et la Thaïlande, précise le communiqué.

Pour l'agence de l'ONU, la priorité consiste à réparer les bateaux qu'il est possible de remettre en état. Au Sri Lanka, les experts de la FAO distribuent de la résine, de la fibre de verre et des outils à des constructeurs privés et aux équipes de la CEYNOR, une compagnie semi-gouvernementale collaborant avec la FAO pour la remise en état des bateaux de pêche. La FAO achète et distribue également des filets et des cordes, les appareils de pêche étant commandés à des fournisseurs locaux.

Parallèlement à cet effort, les organisations non gouvernementales poursuivent leurs activités, ajoute le communiqué. Au Sri Lanka, celles-ci ont, en coordination avec le ministère des Pêches, financé la construction de petites embarcations de remplacement produites par des constructeurs locaux.

C'est le gouvernement sri lankais qui coordonne les efforts de réhabilitation, indique le communiqué.

Par ailleurs, le Bureau régional de la FAO pour l'Asie et le Pacifique a mis sur pied un consortium d'aide qui permet aux organisations s'occupant de pêche et d'aquaculture dans les régions touchées par le tsunami de mettre leurs ressources en commun et de fournir un appui supplémentaire aux pays sinistrés.

Avec le concours des gouvernements locaux, la FAO planifie aussi le rétablissement à long terme des secteurs de la pêche et de l'aquaculture, avec notamment une assistance technique s'étalant sur plusieurs années.

Pour la réhabilitation de la pêche et de l'aquaculture dans les régions ravagées par le tsunami et dans l'espoir de voir se construire une pêche responsable et durable dès le retour à la normale, la FAO a élaboré une plateforme stratégique.

« Il convient d'éviter l'écueil de la période ayant précédé le tsunami, à savoir la surcapacité dans les pêcheries côtières », a affirmé Jeremy Turner. « En termes plus simples, cela signifie moins de bateaux, moins d'effort de pêche afin de ne pas dépasser les niveaux qui prévalaient avant la catastrophe ».

La plateforme stratégique recommande notamment de confier un rôle primordial aux gouvernements et aux communautés de pêcheurs, d'accorder la priorité aux artisans et fournisseurs locaux et de respecter les us et coutumes tout en ciblant les populations et leurs moyens d'existence.

La FAO avait livré une première livraison d'équipements pour la réparation des bateaux des pêcheurs du Sri Lanka le 3 février dernier, ce qui marquait le coup d'envoi d'un programme de réhabilitation (voir notre dépêche du 3 février 2005).

 

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