A Munich, Kofi Annan dévoile son programme de réforme du système de sécurité internationale

14 février 2005
Kofi Annan

Le Secrétaire général a appuyé, pour la première fois à Munich, certaines des recommandations du Groupe de personnalités de haut niveau, dévoilant ainsi les grandes lignes de son rapport qui sera rendu public au mois de mars et qui constituera « le programme de réforme du système de sécurité internationale le plus ambitieux depuis la création de l'ONU en 1945 ».

Le Secrétaire général a appuyé, pour la première fois à Munich, certaines des recommandations du Groupe de personnalités de haut niveau dévoilant ainsi les grandes lignes de son rapport qui sera rendu public au mois de mars et qui constituera « le programme de réforme du système de sécurité internationale le plus ambitieux depuis la création de l'ONU en 1945 ».

« L'environnement mondial en matière de sécurité s'est transformé et notre système international de sécurité collective, y compris l'Organisation des Nations Unies, doit être aussi changé », a déclaré le Secrétaire général dans un discours de référence, intitulé « Un monde plus sûr : le futur rôle de l'Organisation des Nations Unies » et prononcé à Munich dimanche 13 février lors de la 41e Conférence sur la sécurité.

C'était la première fois qu'un Secrétaire général de l'ONU participait à la Conférence annuelle sur la sécurité internationale qui joue depuis longtemps « un rôle de premier plan » dans le débat sur la sécurité. Kofi Annan a reçu à cette occasion le Prix de la paix de Munich, précisant, à l'occasion d'un point avec la presse à la veille de la Conférence, que ce Prix honorait l'ONU et le poste de Secrétaire général, ainsi que les travaux qu'elle menait « sans armées et sans armes », agissant par la persuasion et le dialogue seulement.

Dans son allocution, le Secrétaire général a confirmé qu'il présenterait aux Etats Membres le mois prochain son rapport sur la sécurité collective, « le programme de réforme du système de sécurité internationale le plus ambitieux qui ait jamais été proposé depuis la création de l'Organisation en 1945 ».

Il a également confirmé que « ce rapport s'inspirerait largement des recommandations faites par les 16 membres qui composent le Groupe de personnalités de haut niveau » dans un rapport intitulé « Un monde plus sûr : notre affaire à tous ».

Au chapitre de la prévention, le Secrétaire propose de « renforcer nos systèmes de défense collective, afin de faire en sorte que les menaces lointaines ne deviennent pas imminentes et que les menaces imminentes ne se concrétisent pas » et d'« enrayer la menace de la prolifération nucléaire ».

Pour cela, il recommande, comme le Groupe de personnalités, des règles plus strictes d'inspection des installations nucléaires, des mesures d'incitation aux Etats qui renonceraient à leurs installations d'enrichissement et de retraitement de l'uranium, un traité de limitation de la production de manières fissiles, un calendrier plus serré pour la mise en œuvre de l'Initiative mondiale de réduction de la menace nucléaire, une participation plus large à l'Initiative de sécurité contre la prolifération, une coopération plus étroite entre l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) et le Conseil de sécurité et des mesures concrètes de désarmement.

Il recommande également, comme le Groupe de personnalités, qu'un Fonds d'affectation spéciale soit créé pour aider les Etats Membres à remplir les obligations qui leur sont imposées par le Conseil de sécurité en matière de lutte anti-terroriste.

Le Secrétaire général, qui approuve le fait que le Groupe ait pu se mettre d'accord sur une définition du terrorisme recommande aux Etats d'utiliser cette définition pour finaliser et adopter une Convention globale contre le terrorisme, dans laquelle il serait clairement affirmé qu'il est totalement inacceptable de prendre pour cible des civils ou des non-combattants.

« Nous devons aussi prendre beaucoup plus au sérieux la question de la sécurité biologique », a ajouté Kofi Annan qui encourage à cet égard le Conseil de sécurité à commencer à travailler dès maintenant, en liaison avec l'Organisation mondiale de la santé (OMS), pour renforcer les mécanismes mondiaux de santé publique.

Concernant le recours à la force, le Secrétaire général a rappelé que le Groupe ne voyait pas la nécessité d'amender l'article 51 de la Charte des Nations Unies qui affirme le droit de légitime défense de tous les Etats contre une agression armée, y compris le droit d'agir par anticipation en cas de menace imminente.

« Toutefois, comme le Groupe l'a souligné » a expliqué Kofi Annan, « certaines menaces qui ne sont pas imminentes peuvent se matérialiser pratiquement du jour au lendemain et se transformer en scénarios catastrophes si les mesures nécessaires ne sont pas prises. Le Conseil de sécurité, qui est pleinement habilité par la Charte à faire ces menaces, doit être prêt à s'acquitter de cette mission ».

Pour le Secrétaire général comme pour le Groupe de personnalités, « les Etats souverains ont autant de responsabilités que de droits – dont la responsabilité de protéger leurs citoyens contre le génocide ou d'autres atrocités commises à grande échelle ». « Lorsque les Etats n'assument pas leurs responsabilités, le Conseil de sécurité doit se tenir prêt à les assumer – y compris, si nécessaire, en autorisant le recours à la force ».

Enfin, le Secrétaire général a appuyé la création d'un nouvel organe intergouvernemental au sein des Nations Unies : une Commission de consolidation de la paix qui constituera « une tribune de concertation et d'action permettant d'arrêter une stratégie, de définir des orientations, de mobiliser des ressources et de coordonner l'actions de toutes les parties concernées ».

Après un discours prononcé à Londres dans lequel il avait appuyé certaines des recommandations du rapport du Projet du Millénaire de Jeffrey Sachs, cette allocution a constitué le deuxième volet d'une présentation des grandes lignes du rapport que doit remettre le Secrétaire général en mars prochain aux Etats Membres, dans la perspective du sommet sur la mise en oeuvre des Objectifs du Millénaire pour le développement qui aura lieu en septembre à New York (voir notre dépêche du 10 février 2005).

 

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