ONU-Habitat soutient un «plan Marshall pour l'Afrique»

10 février 2005

La directrice de l'agence de l'ONU pour les établissement humains (ONU-Habitat), a appuyé aujourd'hui l'idée britannique d'un « plan Marshall pour l'Afrique » et souhaité que Tony Blair profite, comme il l'a promis, de la présidence du G8 et de celle de l'Union européenne pour faire avancer l'engagement de la communauté internationale en Afrique.

Anna Tibaijuka, Directrice du Programme des Nations Unies pour les établissements humains (ONU-Habitat) et membre de la Commission pour l'Afrique créée récemment par Tony Blair, a indiqué aujourd'hui, lors d'une conférence de presse au Siège de l'ONU à New York, que le Premier ministre britannique comptait profiter de la présidence du G8 et de celle de l'Union européenne pour faire avancer l'aide et l'engagement de la communauté internationale en Afrique.

La Commission internationale pour l'Afrique, qui avait été créée en février 2004 par le Premier ministre du Royaume-Uni, Tony Blair, est chargée de proposer de nouvelles pistes pour aider le continent africain avant la tenue du Sommet du G8 au mois de juillet en Ecosse. Elle remettra ses recommandations dans un rapport qui sera rendu public en mars.

Citant Tony Blair, Anna Tibaijuka a rappelé aujourd'hui au Siège de l'ONU que « l'Afrique était une plaie sur la conscience du monde ».

Souhaitant que l'aide pour l'Afrique augmente, les 17 membres de la Commission ont décidé d'accorder une attention particulière au huitième objectif du Millénaire pour le développement qui vise à « Mettre en place un partenariat mondial pour le développement », a indiqué Anna Tibaijuka.

« Certes l'Afrique doit faire le ménage chez elle mais elle ne pourra pas rompre toute seule le cercle vicieux », a-t-elle ajouté.

« Nous avons besoin d'un plan Marshall », a expliqué la Directrice d' ONU-Habitat , reprenant l'idée lancée récemment par le ministre des Finances britannique Gordon Brown, en référence au plan Marshall qui a permis de reconstruire l'Europe en 1945.

A travers son « plan Marshall pour l'Afrique », Gordon Brown propose notamment d'annuler une partie de la dette des pays pauvres, à hauteur de 80 milliards de dollars, et de doubler le montant de l'aide publique au développement, jusqu'à 100 milliards de dollars par an.

Anna Tibaijuka faisait en quelque sorte écho au Secrétaire général qui a prononcé aujourd'hui à Londres un discours de référence sur la sécurité et le développement. Pour la première fois, Kofi Annan dévoilait ses commentaires sur les deux rapports clés qui lui ont été remis récemment : « Un monde plus sûr : notre affaire à tous » réalisé par le Groupe de personnalités de haut niveau et « Investir dans le développement » rédigé par Jeffrey Sachs.

Lors de ce discours, le Secrétaire général a apporté un « soutien ferme » à la recommandation 4 du rapport de Jeffrey Sachs - « Les pays donateurs devraient identifier une douzaine de pays ayant besoin d'un programme accéléré afin de leur apporter un soutien massif à partir de 2005 ».

Il a également appuyé la recommandation 5 - « Les pays développés et en développement devraient lancer conjointement en 2005 une série d'actions rapides pour sauver des millions de vies, comme par exemple la distribution massive et gratuite de moustiquaires et de médicaments pour lutter contre le paludisme d'ici à la fin 2007 ».

Le Secrétaire général a par ailleurs redit son attachement à l'idée lancée en 2003 par Gordon Brown d'un « financement du développement par l'emprunt » (IFF en anglais) qui propose aux pays pauvres d'emprunter sur les marchés financiers au moyen d'obligations garanties à long terme par les États riches.

image• Retransmission de la conférence de presse d'Anna Tibaijuka[47 mins]

 

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