Mettre fin aux mutilations génitales féminines et à l'excision, exhorte l'UNICEF

8 février 2005

A l'occasion de la Journée internationale pour la lutte contre les mutilations génitales féminines et l'excision, l'agence de l'ONU pour l'enfance a exhorté les Etats à intervenir rapidement pour empêcher ces pratiques nocives et discriminatoires et rappelle que leur élimination est un élément indispensable à la réalisation de deux des Objectifs du Millénaire pour le développement : l'amélioration de la santé maternelle et l'égalité entre les sexes.

Le Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF) a réitéré aujourd'hui son appel aux gouvernements à intervenir rapidement pour mettre fin à cette pratique nocive que sont l'excision et les mutilations génitales féminines, dans un communiqué publié dimanche 6 février à New York, à l'occasion de la journée internationale tolérance zéro pour les mutilations génitales féminines.

« Les mutilations génitales féminines et l'excision constituent une violation des droits les plus élémentaires des femmes et des filles, a déclaré Carol Bellamy, directrice de l'UNICEF. Il s'agit là d'une procédure dangereuse et irréversible qui a des répercussions négatives sur la santé des femmes et des filles, leur aptitude à mettre des enfants au monde et leur éducation ».

Le communiqué rappelle que plus de 130 millions de femmes et de filles dans le monde ont subi des mutilations génitales féminines et excisions et que compte tenu des taux de natalité actuels, on peut considérer qu'environ 2 millions de filles chaque année risquent d'être victimes de l'une de ces pratiques.

On retrouve ces pratiques essentiellement en Afrique mais aussi dans certaines régions d'Asie du Sud Est. Ces pratiques font également de plus en plus de victimes parmi les populations immigrées en Europe, en Amérique du Nord et en Australie.

Carol Bellamy a par ailleurs affirmé que l'élimination de toutes les formes de mutilations génitales féminines était un élément indispensable à la réalisation de deux des Objectifs du Millénaire pour le développement : l'amélioration de la santé maternelle et l'égalité entre les sexes.

Elle a de nouveau exhorté les Etats à respecter leur promesse de renoncer à ces pratiques. La Session extraordinaire de l'ONU consacrée aux enfants en 2002 s'était fixée comme objectif, avec l'approbation de 69 chefs d'Etat et de gouvernement et de 190 délégations nationales de haut niveau, de mettre fin aux mutilations génitales féminines et à l'excision d'ici à 2010.

L'UNICEF est convaincu que pour mettre fin à ces pratiques, les gouvernements doivent créer un environnement protecteur pour les enfants, non seulement par le biais de l'éducation mais aussi dans le cadre du développement économique et social du pays. Il est nécessaire d'adopter des approches intégrées tenant compte des spécificités culturelles afin de pouvoir aborder le sujet au sein de la population et de commencer à modifier les comportements envers les mutilations génitales féminines et l'excision, une tradition ancienne considérée par beaucoup de sociétés comme une obligation religieuse.

La mutilation génitale féminine (ou excision) englobe toutes les interventions chirurgicales consistant à enlever totalement ou partiellement les organes génitaux externes de la femme ou à leur causer d'autres lésions pour des raisons culturelles ou non thérapeutiques.

 

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