Des règles de conduite plus strictes pour les casques bleus

31 janvier 2005

Réitérant son indignation face aux abus sexuels commis par le personnel de l'ONU, le Secrétaire général a demandé, lors du dernier sommet de l'Union africaine, à ce que les Casques bleus se conduisent de manière « professionnelle » et « stricte », alors que Jean-Marie Guéhenno, Secrétaire général adjoint aux opérations de maintien de la paix, proposait à New York une série de recommandations pour régler cette question « de manière énergique » en 2005.

« J'attends des dizaines de milliers de casques bleus, déployés de part et d'autre sur le continent africain, qu'ils soient très professionnels et qu'ils se conduisent de manière très stricte », a déclaré le Secrétaire général, lors d'une conférence de presse donnée dimanche 30 janvier au quatrième sommet de l'Union Africaine (UA) qui s'est déroulé du 24 au 31 janvier à Abuja, dans la capitale du Nigeria (voir notre dépêche précédente).

« Je suis fier de l'incroyable contribution qu'ils ont apporté à la paix et à la stabilité dans plusieurs pays d'Afrique. Je suis particulièrement fier de ce que les pays africains eux-mêmes contribuent généreusement aux opérations de maintien de la paix en fournissant des troupes malgré les dangers et les épreuves auxquels ils doivent faire face. Beaucoup ont perdu leurs vies en servant la paix », a rappelé Kofi Annan.

Le Secrétaire général s'est déclaré cependant « profondément déçu » d'avoir à dire que « ces efforts héroïques étaient ternis par l'écoeurante mauvaise conduite d'une minorité ».

Comme il l'avait déjà dit à Dar es Salaam en novembre dernier, le Secrétaire général s'est déclaré de nouveau profondément « indigné » par les révélations sur les abus sexuels commis par le personnel de l'ONU en République démocratique du Congo et l'exploitation d'enfants congolais.

« Les allégations font l'objet d'enquêtes sérieuses et les personnes qui ont perpétré ces actes doivent être traduits en justice », a rappelé Kofi Annan, précisant qu'un ancien membre civil de la Mission des Nations Unies en République démocratique du Congo (MONUC) était maintenant détenu dans son pays d'origine et devait rendre compte de ses actes devant la justice.

« J'ai lancé un appel à plus de 20 pays contributeurs de troupes pour qu'ils prennent des mesures disciplinaires et qu'ils engagent des poursuites lorsque des miliaires ou civils commettent de tels abus », a indiqué le Secrétaire général.

Faisant écho aux propos de Kofi Annan, Jean-Marie Guéhenno, Secrétaire général adjoint aux opérations de maintien de la paix, soulignait aujourd'hui, à l'occasion d'une réunion du Comité spécial des opérations de la maintien de la paix au Siège de l'ONU à New York, que si les Nations Unies ne réglaient pas de manière énergique la question des allégations d'abus sexuels, l'image des Nations Unies serait ternie de manière irréparable (voir le communiqué de presse paru aujourd'hui).

« Le Code de conduite des Nations Unies est clair et une vingtaine de rapports, impliquant des allégations contre des membres du personnel des Nations Unies ont été transmis aux États Membres », a déclaré Jean-Marie Guéhenno.

« Jamais auparavant, les Nations Unies n'avaient été confrontées à des allégations d'une telle ampleur et jamais auparavant les Nations Unies n'avaient mené une enquête avec autant d'intensité », a-t-il rappelé, ajoutant qu'« il était probable que les auteurs de tels actes se soient déjà rendus coupables par le passé et que nous n'ayons pas abordé cette question avec l'énergie voulue ».

Dans le rapport du Comité spécial des opérations de la maintien de la paix figurent « une série de recommandations parmi lesquelles la création d'une unité au sein du Département des opérations de maintien de la paix, qui soit consacrée aux comportements des Casques bleus, y compris les abus sexuels et les exploitations sexuelles », a indiqué le Secrétaire général adjoint.

Lors d'une conférence de presse donnée au Siège de l'ONU à New York le vendredi 7 janvier, Jean-Marie Guéhenno et William Swing, Représentant spécial du Secrétaire général et chef de la MONUC, avaient condamné fermement les actes d'exploitation et d'abus sexuels auxquels se sont livrés des membres civils et militaires de la MONUC et présenté les nouvelles initiatives prises par l'ONU pour lutter contre ce problème (voir notre dépêche du 7 janvier).

Le 17 décembre dernier, l'Opération des Nations Unies au Burundi (ONUB) avait suspendu deux soldats du maintien de la paix à la suite d'allégations de mauvaise conduite sexuelle, appliquant ainsi la politique de « tolérance zéro » annoncée par le Secrétaire général le 19 novembre dernier (voir notre dépêche du 17 décembre).

Dans un message adressé à Dar es Salaam 19 novembre dernier, le Secrétaire général s'était déclaré « consterné » par la preuve d'actes d'exploitation sexuelle commis par les membres de la mission de l'ONU en RDC et avait réaffirmé que sa position à l'égard des exploitations et abus sexuels était « la tolérance zéro » (votre notre dépêche du 19 novembre).

 

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