Jan Egeland appelle à l'égalité humanitaire pour l'Afrique

27 janvier 2005

Le Secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires a exhorté la communauté internationale à honorer les appels de fonds lancés périodiquement par l'ONU, relevant que les réponses à ces appels avaient tendance à varier selon les pays et prévenant que l'Afrique, notamment en R.D. du Congo et au Soudan, serait la priorité de l'action humanitaire en 2005.

« Les urgences en Afrique vont continuer de dominer le calendrier de l'action humanitaire mondiale en 2005 », a affirmé aujourd'hui Jan Egeland, Secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires, lors d'un exposé au Conseil de sécurité réuni pour des consultations à huis clos, sur la situation humanitaire en Afrique.

Jan Egeland a souhaité attirer l'attention des membres du Conseil sur la situation humanitaire critique en République démocratique du Congo (RDC) et au Soudan.

« Dans l'Est de la RDC (carte), les combats dans la région de Kanyabayonga, dans la province du Nord Kivu, ont entraîné des déplacements massifs de population - 150 000 personnes - l'évacuation des travailleurs humanitaires et la suppression d'une aide alimentaire à environ 1 300 enfants », a expliqué le Secrétaire général adjoint.

« L'effet cumulatif du conflit en RDC est atterrant : plus de 3,8 millions de morts depuis 1998 - ce qui représente au total plus d'une douzaine de tsunamis. Avec 1 000 morts par jour - dont la plupart de maladies facilement évitables ou traitables - le taux de mortalité en RDC atteint celui du tsunami tous les six mois environ », a-t-il précisé.

« Au Darfour, la violence se poursuit également et continue de forcer des dizaines de milliers de personnes à fuir leurs villages et même les personnes déplacées à fuir leurs camps », a indiqué Jan Egeland. La semaine dernière encore, a-t-il précisé, dans le Nord Darfour, plus de 10 000 personnes ont dû fuir leurs villages. Dans le village de Hamada, plus de 100 personnes – des femmes et des enfants pour la plupart – ont été retrouvées mortes.

A cet égard, selon des informations rapportées aujourd'hui par des représentants de la Mission préparatoire des Nations Unies au Soudan (UNAMIS), une centaine de personnes auraient été tuées lors d'un bombardement aérien.

Selon ce communiqué, les forces gouvernementales soudanaises auraient bombardé le village de Rahad Kabolong, au Nord Darfour (carte), déclarée pour l'instant zone interdite au personnel des organisations humanitaires.

Jan Egeland a par ailleurs rappelé au Conseil de sécurité que l'insécurité au Sud et Ouest Darfour empêche le personnel humanitaire d'atteindre des centaines de milliers de personnes qui dépendent pourtant de leur assistance pour survivre. En décembre, le Programme alimentaire mondial (PAM) parvenait à atteindre 1,5 million de personnes, soit 500 000 de moins que son objectif, mais en janvier, il n'a pu en nourrir que 900 000 à cause de la remontée de l'insécurité.

En dehors des conflits, a poursuivi le Secrétaire général adjoint, les sécheresses récurrentes continuent de sévir dans la Corne de l'Afrique. En Erythrée, quelque 2,2 millions de personnes, sur une population totale de 3,8 millions, ont besoin d'aide alimentaire et le taux de malnutrition maternelle de 53% est l'un des plus élevés au monde.

Six millions de personnes dans six pays d'Afrique australe, qui doivent faire face à un triple menace – insécurité alimentaire, HIV/Sida et mauvaise gouvernance – ne seront pas capables de se nourrir seuls, a par ailleurs indiqué Jan Egeland. L'épidémie de VIH/sida constitue le grand danger pour les populations. L'année dernière seulement, le sida a causé la mort de plus d'un million de personnes dans cette région de l'Afrique. Quatre millions d'enfants sont aujourd'hui orphelins du sida.

Le Secrétaire général adjoint a exhorté la communauté mondiale à honorer les appels de fonds lancés périodiquement par l'ONU, relevant que les réponses à ces appels tendaient à varier selon le pays destinataire, créant ainsi des inégalités supplémentaires.

La couverture de ces appels était en 2004 de moins de 10% pour le Zimbabwe, moins de 40% pour la Centrafrique et la Côte d'Ivoire, mais avait atteint 75% pour le Soudan, le Tchad et l'Ouganda, a-t-il fait remarquer.

Jan Egeland a souhaité enfin citer deux exemples d'évolution encourageante : l'Ouganda et la Somalie. Depuis sa dernière intervention devant le Conseil en octobre, la situation en matière de sécurité dans le nord de l'Ouganda s'est améliorée, grâce à l'ouverture d'un dialogue entre le gouvernement et les rebelles de l'Armée de résistance du Seigneur (LRA), a indiqué le Secrétaire général adjoint.

En Somalie, a-t-il ajouté, le moment est venu pour la communauté internationale de faire un effort coordonné majeur pour faciliter la paix, en profitant de la formation du gouvernement fédéral de transition.

 

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