Tsunami : un système de traçage pour les contributions financières, annonce Kofi Annan

12 janvier 2005
Kofi Annan

Au lendemain des appels humanitaires lancés à Genève, pour les victimes du tsunami comme pour les autres crises dans le monde, Kofi Annan a rendu hommage aux contributions fermes et annoncé la création d'un système de traçage financier pour garantir la transparence de la gestion des fonds, espérant que la réponse à cette crise « servirait de modèle » pour l'avenir.

« Le Secrétaire général se félicite des généreuses donations et, plus important encore, des engagements fermes annoncés hier à Genève en réponse à l'Appel d'urgence lancé par les Nations Unies pour les pays touchés par le tsunami », indique aujourd'hui un message transmis par son porte-parole et publié à Maurice.

« Ayant eu l'occasion cette semaine de visiter la région affectée et d'être témoin des immenses souffrances de la population », Kofi Annan se déclare « pleinement conscient des besoins considérables à la fois en termes d'assistance immédiate et de relèvement à long terme ».

« Compte tenu des besoins sans précédent, le Secrétaire général appelle la communauté internationale à mettre rapidement en oeuvre leurs promesses et exhorte tous les donateurs à maintenir leur soutien tout au long des phases de réhabilitation et de reconstruction », exprimant l'espoir que « l'afflux mondial de solidarité et de générosité servirait de modèle de réponse aux autres crises humanitaires ».

Hier, Jan Egeland, Secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires et Coordonnateur des secours d'urgence, avait déclaré, lors d'une conférence de presse à l'occasion des appels humanitaires que l'année « 2005 avait mieux commencé que n'importe quelle autre année en terme de générosité humaine, publique et privé, avec des milliards de dollars promis pour prêter assistance aux cinq millions de personnes affectées par le tsunami » (voir notre dépêche du 11 janvier 2005).

Il avait rappelé que « 2004 avait été une année mitigée en terme de générosité pour les plus démunis », déplorant que « les Nations Unies n'aient reçu qu'un tiers des sommes qu'elles avaient demandées pour sauver des vies » sur l'ensemble de la planète.

« Le Secrétaire général apprécie cette expression de confiance de la part de la communauté internationale envers la coordination des efforts d'assistance de l'ONU et réitère son intention d'établir de manière urgente un système de traçage financier afin de garantir la transparence, la responsabilité et une gestion efficace des fonds d'assistance et de reconstruction », souligne par ailleurs le message.

A cet égard, Jan Egeland avait informé hier que « le site Internet du Bureau de la Coordination des Affaires humanitaires (OCHA), www.reliefweb.int publiait un relevé de toutes les promesses enregistrées, non seulement pour le tsunami mais aussi pour tous les autres appels humanitaires ».

Interrogé sur la participation du Cabinet d'audit PriceWaterhouseCoopers, qui a proposé son aide à la comptabilité des fonds, Jan Egeland a précisé qu'il espérait que ce serait « le prélude à la création d'un système de traçage encore plus sophistiqué des fonds promis par la communauté internationale ».

Dans son message, le Secrétaire général exhorte enfin la communauté internationale à « créer un mécanisme d'alerte rapide régional », après que l'UNESCO et l'Organisation météorologique mondiale (OMM) ont annoncé hier une stratégie pour la création d'un tel mécanisme qui existe déjà dans l'océan Pacifique mais qui fait défaut dans l'océan Indien (voir notre dépêche du 11 janvier 2005).

La Commission économique et sociale de l'ONU pour l'Asie et le Pacifique (CESAP) souligne à cet égard dans un communiqué paru aujourd'hui (en anglais) dans le cadre de la Conférence internationale sur les petits Etats insulaires de Maurice, que les pertes en vies humaines - estimées pour l'instant à plus de 150.000 morts - causées par le tsunami « auraient été bien plus faibles si l'océan Indien avait disposé d'un système d'alerte ».

 

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