Sri Lanka : l'union face à la catastrophe fait naître un espoir de paix, estime Kofi Annan

Sri Lanka : l'union face à la catastrophe fait naître un espoir de paix, estime Kofi Annan

Kofi Annan et sa femme en visite au Sri Lanka
En visite dans les zones sinistrées du Sri Lanka, en présence du Premier ministre sri-lankais et du président de la Banque mondiale, le Secrétaire général a souhaité que l'aide de l'ONU ne serve pas seulement à relever le pays mais qu'elle permette aussi la reprise du processus de paix dans un pays déchiré depuis plus de 20 ans par un conflit entre le gouvernement et les séparatistes tamouls.

A l'occasion d'une conférence de presse donnée dimanche 9 janvier à Colombo, capitale du Sri Lanka, et après avoir visité samedi des zones sinistrées du Nord-Est et du Sud du pays, le Secrétaire général a exprimé ses condoléances au peuple sri-lankais pour les énormes pertes qu'il a subies après la catastrophe du 26 décembre, « une tragédie qui affecte tous les Sri-lankais et qui transcende toutes les divisions qui déchirent le pays depuis si longtemps ».

Après avoir lancé, jeudi dernier à Jakarta, un appel de fonds d'un montant de 977 millions de dollars pour venir en aide aux victimes (voir notre dépêche du 6 janvier), le Secrétaire général, en tournée en Asie du Sud, a visité vendredi les régions dévastées dans la province d'Aceh et sur l'île de Sumatra en Indonésie (voir notre dépêche 7 janvier). Il s'est ensuite rendu samedi au Sri Lanka et visite aujourd'hui les Maldives.

A Hambantota, au Nord-Est du Sri Lanka (carte), « j'ai rencontré des familles entières déplacées de toutes religions, abritées dans une mosquée ». A Trincomalee, au Nord-Est du pays également, « j'ai vu des enfants tamouls et musulmans jouer ensemble dans une école transformée en refuge », a rapporté le Secrétaire général ajoutant qu'il avait aussi rencontré « au Sud du pays, des personnes qui travaillaient d'arrache-pied pour fournir des produits de première nécessité aux populations du Nord et de l'Est ».

« Les gens ordinaires du Sri Lanka se sont rassemblés de manière extraordinaire pour répondre aux besoins d'urgence. Et j'espère ardemment que les dirigeants politiques feront de même et se joindront à eux », a insisté Kofi Annan précisant qu'il espérait que le Sri Lanka utiliserait l'aide de la communauté internationale non pas seulement pour se remettre de la tragédie mais aussi pour redémarrer le processus de paix interrompu depuis avril 2003.

Avant que le tsunami ne ravage le Sri Lanka le 26 décembre dernier, la tension était montée entre le gouvernement sri-lankais et les séparatistes tamouls. Les Tigres de libération de l'Eelam tamoul (LTTE selon son acronyme en anglais), au Nord du pays, luttent depuis 1972 contre les autorités centrales du pays pour l'indépendance. Une trêve avait été signée en février 2002 mais les négociations de paix avaient été interrompues en avril 2003.

Interrogé sur le fait que les LTTE s'étaient déclarés déçus qu'il ne visite pas les zones sinistrées du Nord du pays sous leur contrôle, le Secrétaire général a déclaré qu'il espérait pouvoir revenir dans le futur pour visiter toutes les régions du pays. « J'espère que ces régions seront reconstruites mais j'espère aussi que l'on célèbrera la paix », a-t-il souligné.

Selon les informations parues dans la presse et selon un bilan provisoire, plus de 30 700 personnes ont été tuées au Sri Lanka, plus de 16 000 blessées, plus de 4 900 ont disparu et plus de 512 000 restent hébergées dans des camps.

« Le Secrétaire général s’est rendu ce matin par avion dans la capitale des Maldives, Male, avant de visiter deux villages particulièrement touchés par le tsunami », a déclaré ce matin le porte-parole du Secrétaire général, Stéphane Dujarric, lors de son point quotidien avec la presse, au Siège de l’ONU à New York.

Kofi Annan s’est ensuite rendu à Maurice, où commence aujourd’hui la Conférence internationale sur les petits Etats insulaires de Maurice, qui se déroulera du 10 au 14 janvier (voir le communiqué d’Anwarul K. Chowdhury, Secrétaire général adjoint et président de la conference.

Dossier spécial 'tsunami' sur le site de l'ONU