Tsunami : les efforts « incroyables » doivent devenir la norme humanitaire, affirme Jan Egeland

Tsunami : les efforts « incroyables » doivent devenir la norme humanitaire, affirme Jan Egeland

Jan Egeland
A la veille de l'Appel à contributions qui sera lancé demain à Jakarta, par Kofi Annan, en faveur des victimes du tsunami qui a frappé l'Asie du Sud et l'Afrique orientale le 26 décembre, Jan Egeland, Coordonnateur des secours d'urgence de l'ONU, a lancé une série de messages pour souligner les efforts extraordinaires accomplis, qui montrent quel devrait être le niveau normal de l'assistance humanitaire dans le monde.

« Aux gouvernements, nous saluons les efforts fournis au niveau national et international, des moyens jamais mis en place dans le domaine humanitaire » et nous allons bientôt installer un centre civil et militaire unique pour les secours, a déclaré Jan Egeland.

A toutes les autorités de la région, « nous demandons le maintien d'un accès sans restriction à toutes les zones, dans l'immédiat et pour l'avenir », a-t-il déclaré en référence à la région de Banda Aceh, au Nord de l'île indonésienne de Sumatra (carte), en proie à une guerre civile et interdite pendant de longues années à tout accès humanitaire, qui est maintenant une des régions les plus touchées par le raz-de-marée.

Jan Egeland a précisé que « l'absence d'accès dans le passé avait entravé les efforts de secours de l'ONU ».

« Nous appelons aussi les parties belligérantes à cesser leur conflit », précisant que le calme était maintenu à Aceh et au Sri Lanka [en proie à la rébellion des tigres tamouls].

« Nous avons besoin de ce cessez-le-feu », a-t-il déclaré.

« Aux 50 pays donateurs qui ont promis entre 2 et 3 milliards de dollars, dont la contribution phénoménale de l'Allemagne et de l'Australie, nous disons 'merci'», a déclaré le Coordonnateur humanitaire de l'ONU.

A mes collègues de l'ONU, s'est-il exclamé, « nous ne pouvons pas échouer ». « C'est le moment de montrer que nous sommes à la hauteur de notre mission et que nous pouvons remplir notre mandat ».

Présentant un état des équipements fournis, Jan Egeland a indiqué avoir reçu les avions cargo C17, fournis par les Etats-Unis et le Royaume-Uni, des hélicoptères supplémentaires promis par Singapour et des porte-hélicoptères.

« Nous allons maintenant préparer un calendrier pour déterminer la disponibilité des équipements et aéronefs », précisant que pour l'instant aucun autre pays que les Etats-Unis n'auraient été en mesure de fournir un tel appui logistique, notamment la moitié des 100 hélicoptères à disposition.

« Nous avions au Darfour (Soudan) 5 hélicoptères, mais en Asie du Sud nous en avons déjà une centaine » et nous n'en sommes qu'au jour J + 10.

« L'Allemagne [qui a confirmé un don de 680 millions d'euros] et l'Australie [qui a promis 760 millions de dollars] vont fournir plus d'un milliard de dollars, ce qui est tout simplement incroyable », a déclaré le Coordonnateur humanitaire de l'ONU.

Interrogé sur ce qui motive la « compétition » à la générosité, Jan Egeland a déclaré qu'il espérait que le « monde était devenu meilleur en 2005 qu'il ne l'était en 2004 ».

« En 2004, nous avons reçu 5,8 milliards de dollars pour les 100 pays dans lesquels nous avions des opérations. 20 d'entre eux ont des urgences équivalentes à un tsunami. Si l'on estime que ces 5,8 milliards de dollars correspondent à 2 jours de dépenses militaires mondiales et qu'on les divise par le nombre d'urgences, ce n'est pas un chiffre très impressionnant », a-t-il indiqué.

« Les chiffres actuels, en revanche, représentent le niveau bienvenu et normal d'assistance humanitaire », a-t-il estimé, ajoutant que si les promesses n'étaient pas transformées en dons, si ces sommes étaient ponctionnées sur l'assistance au développement ou si le niveau d'assistance n'était pas maintenu tout au long de l'année, ce serait « une très mauvaise nouvelle pour l'Afrique », notamment la Guinée, le Congo et le Soudan.

Concernant l'appel de fonds d'urgence qui sera lancé le jeudi 6 janvier par Kofi Annan, Jan Egeland a prévenu qu'il serait d'un montant plus petit que les sommes déjà promises mais qu'il ne concernerait que les besoins humanitaires pour les six mois à venir et ne prendrait pas en compte les besoins de la reconstruction.

imageRetransmission de la conférence de presse de Jan Egeland (précédée du point-presse du porte-parole du Secrétaire général)[60mins]

- Dossier spécial 'tsunami' sur le site de l'ONU