UNFPA : femmes et enfants en Asie du Sud sous la menace des trafics

5 janvier 2005

L'agence de l'ONU pour la population prévient que l'assistance humanitaire doit aussi comprendre la protection et la sécurité des femmes et des enfants, devenus particulièrement vulnérables dans les pays d'Asie dévastés par les tsunamis et déjà victimes selon plusieurs agences de l'ONU de viols, d'abus sexuels et de trafics.

« Une plus grande sécurité et une meilleure architecture de l'assistance humanitaire sont immédiatement nécessaires pour minimiser les attaques contre les femmes dans les zones frappées par le tsunami », prévient le Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA selon son acronyme anglais adopté en français) dans un communiqué rendu public aujourd'hui à New York.

« Alors que de nombreuses femmes se retrouvent seules pour s'occuper de leurs foyers et de leurs enfants, leur sécurité doit être une priorité pour tous les gouvernements dont les pays ont été touchés par le tsunami et les personnels humanitaires », a déclaré Thoraya Ahmed Obaid, directrice de l'UNFPA.

Une mise en garde qui intervient, selon le communiqué, un jour après que l'agence a appris que des femmes et des filles avaient été victimes de viols au Sri Lanka.

« La destruction des communautés et l'interruption des fonctions normales de protection de la famille ont laissé les femmes dans un état d'extrême vulnérabilité, dans une région où la question des abus sexuels, du trafic et de l'exploitation des femmes était déjà un grave problème », explique l'agence de l'ONU pour la population.

Selon l'UNFPA, la peur de la violence sexuelle ralentit la mobilité des femmes sur qui pèse le plus souvent le fardeau de trouver de la nourriture et de l'eau pour leur famille.

Pour protéger et maintenir la sécurité des femmes, l'agence de l'ONU pour la population appelle en conséquence à prendre les mesures concrètes suivantes : « donner aux femmes la charge de la distribution de la nourriture pour minimiser les possibilités de leur exploitation » et « prendre en charge les femmes seules et les enfants dans les refuges, qui devront comprendre des dortoirs et des toilettes séparés pour les hommes et les femmes ».

Le FNUPA suggère également « d'arrêter et de traduire en justice ceux qui perpétuent des attaques violentes contre les femmes et les enfants » et « d'apporter des traitements immédiats aux victimes d'abus sexuels ».

Dans un communiqué rendu public hier, le Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF) mettait en garde contre la vulnérabilité des enfants menacés eux aussi de tomber dans les mains des trafiquants et proposait quatre séries de priorités à remplir pour les protéger (voir notre dépêche du mardi 4 janvier).

Par ailleurs, dans un communiqué publié aujourd'hui, l'Organisation internationale du travail souligne la dévastation causée par le tsunami aux moyens de subsistance de millions de personnes.

« L'OIT peut contribuer aux efforts globaux de reconstruction, tant dans l'immédiat (dans les trois ou six prochains mois) que pour le long terme, notamment pour participer à l'évaluation des besoins, à la reconstruction et à la réhabilitation de l'infrastructure, du logement et à la revitalisation des programmes économiques locaux, indique le communiqué.

L'agence internationale du travail, a aussi exprimé sa préoccupation à l'égard des nombreux orphelins qui risquent de tomber aux mains des trafiquants et des « pires formes de travail forcé ».

 

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