Tsunami : une réponse sans précédent pour une catastrophe sans précédent, exhorte Kofi Annan

Tsunami : une réponse sans précédent pour une catastrophe sans précédent, exhorte Kofi Annan

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« Une réponse mondiale sans précédent pour une catastrophe sans précédent », qui a fait au moins 115.000 victimes, a exhorté aujourd'hui Kofi Annan lors d'une conférence de presse donnée à l'ONU en présence de Jan Egeland, au cours de laquelle il a fait un premier bilan des efforts réalisés et des contributions qui s'élèvent à 500 millions de dollars pour venir en aide à 12 pays affectés.

« C'est une catastrophe globale sans précédent et elle requiert une réponse mondiale sans précédent », a déclaré aujourd'hui le Secrétaire général lors d'une conférence de presse donnée au Siège de l'Organisation à New York, en présence de Jan Egeland, Secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires et Coordonnateur des secours d'urgence, pour exposer l'action de l'ONU en réponse au tsunami qui a dévasté l'Asie du Sud dimanche 26 décembre.

Kofi Annan, qui est rentré d'urgence à New York pour superviser les efforts de l'ONU, a précisé qu'il avait eu l'occasion de s'entretenir avec tous les dirigeants des pays affectés, non seulement pour offrir ses condoléances mais aussi pour savoir comment l'ONU et la communauté internationale pouvaient travailler avec eux.

Le Secrétaire général a rappelé par ailleurs que les Nations Unies lanceront « un appel de fonds d'urgence, le 6 janvier prochain, à tous les gouvernements qui ont la capacité de contribuer » pour répondre aux besoins humanitaires immédiats et pour une durée de six mois. Il a par ailleurs annoncé qu'il y aurait un deuxième appel, lors d'une conférence des donateurs, le 11 janvier prochain.

Il a aussi souligné la « nécessité d'une coordination des efforts nationaux, régionaux et internationaux ».

« Mais nous devons également rester engagés sur le long terme. Nous savons que l'impact [de la catastrophe] se fera sentir pendant longtemps », a déclaré Kofi Annan.

« Les derniers chiffres parlent d'eux-mêmes : au moins 115.000 morts dans la région, un demi-million de blessés, un million de personnes déplacées, et au moins cinq millions de personnes nécessitant une assistance immédiate », a-t-il précisé, ajoutant que « les chiffres donnés actuellement n'étaient pour l'instant que des estimations » et que les chiffres officiels étaient toujours, au final, différents des estimations.

Quant à la réponse de la communauté internationale, « nous avons eu une bonne réaction » a-t-il estimé.

A ce jour, un total d'un demi-milliard de dollars en assistance ont été promis ou reçus, ainsi que des contributions en nature, a indiqué le Secrétaire général qui a précisé que « plus de 30 pays avaient proposé leur aide, de même que des millions d'individus de par le monde ».

Il a rappelé que « les efforts de la reconstruction seront énormes » et qu'il faudra « des milliards et des milliards de dollars ». Les Nations Unies, en coopération avec la Banque mondiale qui a annoncé qu'elle allait débloquer 250 millions de dollars, commencent déjà à penser à plus long terme, à la reconstruction de la région.

« Comme Jan Egeland vous l'a dit ces derniers jours » (voir notre dépêche du 29 décembre et du 28 décembre derniers), « la coordination de la réponse est maintenant absolument essentielle », a-t-il affirmé, estimant qu'elle aurait des effets sur le long terme.

« Par dessus tout, je voudrais assurer tous les peuples de la région que toute la famille des Nations Unies est prête à leur apporter secours », et à les aider à reconstruire leurs vies, leurs moyens de subsistance et leurs communautés, a déclaré Kofi Annan.

Le Secrétaire général a rencontré ce matin les chefs des agences de l'ONU concernées, ainsi que celles qui participent au Comité permanent interinstitutions sur l'assistance humanitaire. Il s'est aussi entretenu avec les représentant du « Groupe restreint » formé à l'initiative des Etats-Unis, de l'Australie, de l'Inde, du Japon [aussi dénommée dans la presse « Coalition internationale de secours »].

Le Secrétaire général a par ailleurs fait savoir que, lors de ses entretiens avec Colin Powell, hier et aujourd'hui, il avait discuté de « l'ampleur de la catastrophe » et que les deux hommes étaient tombés d'accord sur le fait que « la catastrophe était tellement énorme que personne, aucune agence, aucun pays ne pourrait gérer la situation tout seul » et qu'il était « nécessaire de coordonner nos efforts pour avoir un impact maximum sur la crise ».

Interrogé sur le fait de savoir si l'ONU, après avoir subi une année difficile de « dénigrations », pouvait saisir cet événement pour montrer son importance, le Secrétaire général a indiqué que « l'ONU avait un rôle important à jouer » et qu'elle jouerait « un rôle de leader travaillant avec la communauté internationale dans son ensemble ».

Enfin, il a évoqué, en réponse à la question d'un membre de la presse, un prochain voyage dans la région, mais insisté sur un calendrier approprié : « les visites à un moment inopportun créent un fardeau pour les autorités et la population locale », a-t-il souligné, rejoignant ainsi la position exprimée par Jan Egeland hier qui engageait tout effort de secours à n'attendre aucun soutien sur place en raison des destructions.

Le Secrétaire général a également eu ce matin une réunion avec les Représentants permanents des 12 pays les plus affectés dont le Bangladesh, l'Inde, l'Indonésie, la Malaisie, les Maldives, le Myanmar, la Somalie, le Sri Lanka, et la Thaïlande (Carte de l'impact du tsunami dans la région de l'Asie du Sud).

A l'issue de la conférence de presse, Kofi Annan devait rencontrer les représentants de l'Union européenne.

Le Secrétaire général doit par ailleurs rencontrer Colin Powell demain au Siège de l'ONU, à New York.

- Dossier spécial 'tsunami' sur le site de l'ONU

imageRetransmission de la conférence de presse de Kofi Annan et de Jan Egeland [53mins]