Asie du Sud : alerte de l'OMS sur les 5 millions de personnes sans accès aux services de base

30 décembre 2004

Annonçant que cinq millions de personnes n'ont pas accès aux services de base nécessaires à la survie, l'agence de l'ONU pour la santé réclame 40 millions de dollars pour répondre d'urgence aux besoins des victimes du raz-de-marée et rappelle que si le tsunami n'était pas évitable, éviter des décès et des souffrances supplémentaires est possible.

« Des mesures d'urgence s'imposent pour répondre aux besoins des victimes du tsunami en Asie du Sud Est en matière de santé publique », a annoncé aujourd'hui l'Organisation mondiale de la santé (OMS) dans un communiqué rendu public à Genève qui précise que « trois à cinq millions de personnes dans la région n'ont pas accès aux services essentiels la survie : eau potable, vivres, abris, moyens d'assainissement et soins de santé ».

L'OMS estime qu'un montant de 40 millions de dollars sera nécessaire pour faire face aux besoins immédiats de santé publique.

« Quatre jours après le déferlement du tsunami sur les côtes de l'Asie du Sud-Est, nous pouvons nous faire une idée plus claire de l'étendue des dégâts et des souffrances qu'il a provoqués : il s'agit de la catastrophe naturelle la plus grave qui ait touché la région depuis plusieurs décennies. Les besoins sanitaires des populations touchées sont immédiats et très importants », a déclaré Lee Jong-Wook, directeur général de l'OMS.

David Navarro, Représentant du Directeur général chargé des interventions sanitaires en cas de crise, a pour sa part fait observer que « sans la mobilisation des fonds nécessaires et leur coordination sur le terrain, les maladies risquent de provoquer autant de morts que la catastrophe elle-même ».

« Le tsunami n'était pas évitable, mais nous avons maintenant la possibilité d'éviter des décès et des souffrances supplémentaires », a-t-il ajouté.

Selon les dernières estimations de l'OMS, le nombre de morts dépasse les 80 000 et celui des blessés pourrait atteindre les 300 000 dont la plupart nécessitent un traitement médical ou chirurgical d'urgence. « Quant au nombre des survivants exposés aux maladies infectieuses ou à l'aggravation d'une affection préexistante, il est beaucoup plus élevé », prévient l'OMS.

En Indonésie, par exemple, on ne compte plus qu'un seul hôpital opérationnel sur la côte d'Aceh et il n'y a plus d'électricité, ni de carburant. Au Sri Lanka, une grande partie des infrastructures de santé publique sont endommagées ou détruites sur le littoral et les services qui fonctionnent encore sont surchargés.

L'OMS a déployé des équipes d'urgence dans les pays les plus gravement touchés - Indonésie, Sri Lanka et Maldives (Carte de l'impact du tsunami dans la région de l'Asie du Sud) - et s'efforce d'évaluer les dommages causés à l'infrastructure sanitaire ainsi que les besoins des populations sinistrées en matière de fournitures et de soins médicaux.

L'OMS aide les autorités nationales et locales à faire face à la crise humanitaire et à organiser la survie, à guider la communauté internationale pour qu'elle apporte une aide qui puisse être utilisée rapidement et à bon escient et à faire en sorte que les services de santé soient remis en état le plus vite possible.

L'OMS a déjà expédié 33 kits sanitaires d'urgence qui contiennent du matériel et des médicaments de base pour plus de 330 000 personnes pendant trois mois. La priorité est de fournir des médicaments essentiels, des sels de réhydratation, des solutions intraveineuses et d'autres articles indispensables à ceux qui en ont besoin.

 

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