Aggravation des besoins humanitaires dans le Nord de la Côte d'Ivoire, alerte OCHA

17 décembre 2004

Alors que la mission de l'ONU en Côte d'Ivoire prépare en coopération avec le Gouvernement des patrouilles à Abidjan et d'autres grandes villes, le Bureau des affaires humanitaires de l'ONU prévient que les besoins humanitaires augmentent dans le nord du pays et annonce qu'il lancera un nouvel appel de fonds lundi prochain.

L'Opération des Nations Unies en Côte d'Ivoire ( ONUCI ) a annoncé que ses troupes préparaient avec celles du Gouvernement ivoirien des patrouilles conjointes qui doivent commencer samedi à Abidjan, la capitale, et dans d'autres villes du pays, a fait savoir le porte-parole du Secrétaire général, Stéphane Dujarric, lors de son point quotidien avec la presse au Siège de l'ONU à New York.

Parallèlement, le Bureau pour la Coordination des Affaires humanitaires (OCHA, selon son acronyme en anglais) a indiqué dans un communiqué diffusé aujourd'hui que « selon les dernières études effectuées par les agences humanitaires des Nations Unies présentes en Côte d'Ivoire, les besoins humanitaires augmentaient dans le nord du pays ».

« Le Programme alimentaire mondial (PAM) a reçu un nombre impressionnant de demandes de la part de fermiers du nord du pays, inquiets de la mauvaise récolte due au manque de pluie », explique le communiqué précisant qu'une étude réalisée au mois de novembre par l'organisation non gouvernementale (ONG) ivoirienne ARK, dans les localités de Korhogo, Bouna et de Ferkessedougou, révèlait que les fermiers avaient perdu cette année la moitié de leur récolte.

« La maigre récolte et les prix élevés de la nourriture pourraient conduite à une aggravation de la pauvreté dans le Nord et à une potentielle insécurité alimentaire », met en garde OCHA dans son communiqué indiquant que la Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) allait entamer une mission d'évaluation en janvier 2005.

« Dans la région de Bouaké, OCHA, le Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF) et le PAM ont réalisé une étude qui fait apparaître que 2 500 personnes déplacées manquent de nourriture », ajoute le communiqué, qui précise que « certains souffrent de diarrhées causées par le manque d'eau potable et d'hygiène ».

Le Bureau des affaires humanitaires annonce en outre que l'UNICEF va entamer une campagne de vaccination.

OCHA rappelle qu'il y a au total 500 000 personnes déplacées en Côte d'Ivoire, la plupart vivant dans des familles d'accueil.

Le Bureau rappelle aussi que depuis deux ans - depuis le début de la crise, la situation humanitaire en Côte d'Ivoire – autrefois le moteur économique de l'Afrique de l'Ouest – s'est caractérisée par une absence prolongée de l'administration publique et des services sociaux de base.

Selon l'UNICEF, 700 000 enfants ne vont plus à l'école depuis 2 ans. « Pour certains c'est parce qu'il n'y a plus de professeurs, pour d'autres c'est parce que leur famille a été déplacée ou est devenue trop pauvre pour les envoyer à l'école », explique le communiqué qui précise que « dans les régions contrôlées par les Forces nouvelles, le Gouvernement ivoirien n'a pas organisé les examens scolaires qui devaient avoir lieu au mois de novembre ».

« Si les examens n'ont pas lieu dans les mois qui viennent, ce sont quelque 350 000 enfants qui auront perdu leur année », met en garde OCHA qui craint que ces enfants et des milliers d'autres tombent dans la délinquance, se fassent recruter dans des activités armées ou violentes ou deviennent victimes de l'exploitation économique et sexuelle.

Malgré cela, « l'appel humanitaire 2004 des Nations Unies pour la Côte d'Ivoire a reçu seulement 35% des 61 millions de dollars demandés pour les programmes d'urgence », rappelle OCHA qui va lancer lundi un nouvel appel de fonds.

 

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