Ouganda : la Coordination humanitaire de l'ONU dans l'attente d'un accord de paix

8 décembre 2004

Dans l'attente de progrès sur les négociations de paix entre le Gouvernement de l'Ouganda et l'Armée de résistance du Seigneur, que le Coordonnateur humanitaire de l'ONU a qualifié « d'occasion historique de mettre fin à l'une des pires crises humanitaires du monde », des préparatifs sont en place pour assister le retour de 1,6 millions de personnes déplacées.

Jan Egeland, Secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires et Coordonnateur des secours d'urgence, a rencontré hier le Président de l'Ouganda, Yoweri Museveni, à Kampala (carte), indique un communiqué publié aujourd'hui par le Bureau de la Coordination des Affaires humanitaires (OCHA).

Rendant hommage aux efforts du Gouvernement de l'Ouganda pour mettre un terme, par le dialogue, au conflit avec l'Armée de la résistance du Seigneur au Nord de l'Ouganda, Jan Egeland a estimé que « c'était une occasion historique de mettre fin à l'une des pires crises humanitaires dans le monde ».

« Le Président s'est félicité de l'offre de l'ONU d'apporter son soutien à la réintégration des ex-combattants de la LRA [LRA selon son acronyme anglais pour Lord's Resistance Army], par un programme d'assistance, d'éducation et de création d'emplois », précise OCHA, « ainsi que de l'offre de contribuer à un processus plus large de réconciliation ».

Selon la Coordination humanitaire, dans l'attente d'une percée dans les négociations de paix avec la LRA, l'ONU a commencé à planifier l'assistance au retour volontaire des 1,6 millions de personnes déplacées par les 18 années de conflit.

Le 21 octobre dernier, Jan Egeland s'était exprimé à l'issue d'une séance du Conseil de sécurité, déclarant : « le Nord de l'Ouganda est à mes yeux un scandale moral ». Il avait en outre demandé, « sans doute de façon un peu rhétorique », au Conseil « dans quel autre endroit du monde, 20 000 enfants étaient kidnappés, dans quel autre endroit du monde, 90% de la population de vastes districts avait été déplacée, dans quel autre endroit du monde, 80% des combattants d'un mouvement d'insurgés terroristes tel que celui de l'Armée de la résistance du Seigneur étaient des enfants. »

« Le conflit, qui dure depuis 18 ans, a eu des conséquences dévastatrices sur les civils innocents, en particulier les enfants, et tous les efforts doivent maintenant être déployés pour assurer une issue rapide et définitive à la violence dans cette région », avait declaré Kofi Annan en avril dernier (voir notre dépêche du 16 avril 2004), appelant la LRA à s'abstenir de tout nouvel acte de violence contre les civils et à répondre favorablement, dans l'intérêt de la paix, à l'appel au dialogue du Président Museveni.

L'Armée de résistance du Seigneur ou LRA selon son acronyme anglais (Lord's Resistance Army), née à la fin des années 80, est un groupe armé dirigé par Joseph Kony, qui se dit prophète et utilise pour asseoir son pouvoir une forme de mysticisme héritée du Mouvement du Saint-Esprit d'Alice Auma « Lakwena » (la messagère), qui se disait médium et guérisseuse et avait pris les armes en 1987, peu de temps après l'arrivée au pouvoir de Yoweri Museveni. Le mouvement avait été rapidement éliminé par l'armée ougandaise.

Joseph Kony avait alors fondé l'Armée démocrate-chrétienne unie d'Ouganda (UCDA), puis l'Armée de résistance du Seigneur qui s'est surtout illustrée par la terreur qu'elle fait régner dans le Nord de l'Ouganda, notamment en pratiquant l'enlèvement systématique d'enfants dont elle fait, comme l'expliquait le 14 avril dernier, le Secrétaire général aux affaires humanitaires de l'ONU, Jan Egeland, des « machines à tuer. »

imageArchives : Retransmission de la conférence de presse de Jan Egeland, le 11 novembre 2004, en présence de la présidente de « l'Association des parents concernés » qui représente les parents des enfants enlevés en Ouganda [52 mins]

 

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