Les Etats-Unis sont attachés à une politique multilatérale, selon John Danforth

3 décembre 2004
L'ambassadeur des Etats-Unis, John Danforth

Quelques heures après sa démission « pour des motifs personnels », l'ambassadeur des Etats-Unis à l'ONU, John Danforth a indiqué devant la presse que son pays était attaché à une politique multilatérale dans laquelle l'ONU joue un rôle clef, exposant sa vision du rôle du Conseil de sécurité et du rapport du Groupe de personnalités, qui envisage l'avenir des institutions de l'Organisation.

« Les Nations Unies sont très importantes », a déclaré aujourd'hui l'ambassadeur des Etats-Unis auprès de l'ONU, John Danforth, qui a donné hier sa démission, précisant que les Etats-Unis étaient « attachés à une politique étrangère multilatérale » et que l'ONU y jouait un « rôle clé » ainsi que le Président Bush lui avait « clairement fait savoir » lorsqu'il a pris ses fonctions.

Revenant, lors d'une conférence de presse donnée ce matin au Siège de l'ONU à New York, sur les critiques qu'il avait récemment formulées à l'égard de l'Assemblée générale et de sa politique sur le Soudan, l'Ambassadeur américain a rappelé que « si l'ONU avait été une bonne expérience pour lui, il avait eu du mal à comprendre l'inaction de l'Assemblée générale sur la question du Soudan ».

Le groupe africain avait empêché au mois de novembre dernier le passage d'une résolution européenne condamnant les violations des droits de l'homme au Soudan.

Les Nations Unies resteront pour John Danforth « une enceinte d'ambassadeurs, une enceinte de personnes qui représentent leurs gouvernements et dont le travail est de représenter les intérêts nationaux de leur pays ».

« Il y a donc une dimension d'intérêt national et ce n'est pas la société des altruistes du monde », a-t-il précisé.

Malgré cela l'ambassadeur s'est dit « impressionné » par la convergence des intérêts nationaux, par « le caractère honorable de l'approche de ses collègues », par « leur désir de travailler pour la bonne cause » et « leur engagement à vouloir rendre le monde meilleur et plus sûr ».

Quant au Conseil de sécurité, son intérêt « d'attirer l'attention sur des questions importantes » a-t-il fait remarquer expliquant que « l'intérêt que l'on peut donner à un problème particulier reste plus important que la formulation précise des termes d'une résolution ». « Et j'ai l'impression que c'est ce que nous avons fait avec le Soudan et, plus particulièrement, lors du voyage à Nairobi » a-t-il ajouté, estimant que sa mission principale à l'ONU avait été « d'accroître la visibilité de la question du Soudan ».

Commentant le rapport du Groupe de personnalités sur les menaces, les défis et le changement qui a été remis hier au Secrétaire général (voir notre dépêche du 2 décembre 2004), l'ambassadeur américain a déclaré que c'était un document « sérieux » qui reconnaissait « le fait que la situation était maintenant différente de ce qu'elle était lorsque l'ONU avait été créée » et qui avait le mérite de « soulever la question de savoir à quoi l'ONU devra ressembler dans le futur ».

« Nous prenons ce document très au sérieux et pensons qu'il est très positif, qu'il soulève d'importantes questions, qu'il est le point de départ d'un processus très important » a-t-il ajouté.

Sur l'Iraq, il a évoqué les développements « positifs » de ces derniers jours avec notamment « la décision du Conseil de sécurité de créer un Fonds d'affectation spéciale » pour financer le « Cercle de protection semi rapproché », une entité distincte de la Force multinationale en Iraq qui sera chargée de la protection des opérations de l'ONU dans le pays (voir notre dépêche du 30 novembre 2004).

Répondant à la question d'une journaliste sur le Programme pétrole contre nourriture, l'ambassadeur a rappelé que dans le contexte de la controverse, « il était important d'avoir une enquête complète et approfondie » et qu'il était important que « les enquêteurs et tous ceux qui sont intéressés par le résultat de l'enquête gardent l'esprit ouvert ».

« Je m'y connais en investigations et je peux vous dire que quand vous faites une enquête il faut rester ouvert d'esprit, objectif et ne pas avoir de préjugés » a-t-il insisté.

La démission de John Danforth intervient moins de six mois après son entrée en fonction et, selon les informations parues dans la presse, elle ne deviendra effective que le 20 janvier prochain. Revenant sur les raisons de sa démission, l'ambassadeur a expliqué qu'il voulait tout simplement rentrer à la maison, aux côtés de sa femme.

« Je suis un type de Saint-Louis et c'est l'endroit que j'aime », a-t-il conclu.

imageRetransmission de la conférence de presse de John Danforth [18 mins]

 

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