L'annonce d'une attaque rwandaise en RDC menace le processus de paix, prévient la MONUC

24 novembre 2004

L'annonce effectuée par le Rwanda sur le lancement d' une attaque contre les troupes de la rébellion hutue en République démocratique du Congo (RDC), alors que le Conseil de sécurité se trouve encore dans la région, risque de mettre en péril le processus de paix dans le pays et la région, prévient la Mission de l'ONU en RDC.

La Mission d'observation des Nations Unies en République démocratique du Congo (MONUC) a réagi à la menace du Rwanda de lancer une attaque contre des rebelles se trouvant dans l'Est du Congo en prévenant que cette annonce mettait sérieusement en danger le processus de paix dans le pays et dans la région, a indiqué aujourd'hui le porte-parole du Secrétaire général, Fred Eckhard, lors du point de presse quotidien organisé à l'ONU à New York.

Il a précisé que le Représentant spécial du Secrétaire général, William Swing, en avait été informé directement, hier, par un haut responsable rwandais.

Dans un communiqué rendu public aujourd'hui, la MONUC annonce que le Rwanda l'a informée la nuit dernière de son intention de lancer une attaque contre les Forces Démocratiques de Libération du Congo (FDLR) se trouvant en territoire de la République Démocratique du Congo.

La Mission redoute que ce type d'action n'ait pour but de saper la crédibilité de la communauté internationale qui s'efforce de rétablir la paix et la stabilité en RDC, a souligné Fred Eckhard.

S'exprimant au cours du point de presse hebdomadaire de la Mission, la directrice de l'information publique de la MONUC, Patricia Tomé, a indiqué que le déploiement imminent d'une brigade supplémentaire dans le Nord Kivu, avec pour objectif de sécuriser la zone et « d'empêcher les saboteurs, qu'ils soient en RDC ou ailleurs, d'oeuvrer contre la transition et la pacification de la région. »

Elle a par ailleurs rappelé que les chefs d'Etat de la région venaient de signer, à Dar es-Salaam, en Tanzanie, une déclaration dans laquelle ils s'engagent à assurer la paix, la sécurité et le développement dans la région des Grands Lacs et fait remarquer qu'il s'agirait de faire coïncider « les déclarations avec les actes. »

Le porte-parole de la MONUC, Mamadou Bah, a par ailleurs signalé les nombreuses attaques lancée par des miliciens en armes, notamment ceux de l'Union des Patriotes Congolais (UPC-L) de Thomas Lubanga, dans la région de Nizi (carte), contre les éléments de la MONUC. Des attaques, a-t-il indiqué, destinées à perturber le programme de Désarmement et réinsertion communautaire (DRC) en Ituri.

Mamadou Bah a dénoncé le fait que ces miliciens utilisaient systématiquement les populations civiles comme boucliers humains.

La MONUC rappelle que l'utilisation de personnes comme boucliers humains est un crime de guerre, indique le communiqué de la Mission.

 

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