Des dizaines d'Afghans volontaires pour remplacer le personnel de l'ONU pris en otage

21 novembre 2004

Plus de 50 femmes, une famille, un autre groupe d'Afghans ont proposé de prendre la place des trois membres de l'ONU retenus en otages en Afghanistan alors que l'un des principaux chefs de guerre d'Afghanistan, le général Dostun, a commencé le désarmement de ses troupes et devait remettre aujourd'hui, lors d'une cérémonie, plus de 50 tanks.

Des femmes, une famille, un autre groupe d'Afghans ont proposé de prendre la place des trois membres de l'ONU retenus en otages en Afghanistan alors que l'un des principaux chefs de guerre d'Afghanistan, le général Dostun, a commencé le désarmement de ses troupes et devait remettre aujourd'hui, lors d'une cérémonie, plus de 50 tanks.

La Mission d'assistance des Nations Unies pour l'Afghanistan (MANUA) continue à tenir un décompte scrupuleux du nombre de jours - au total 25 - qui se sont écoulés depuis l'enlèvement, le 28 octobre dernier, de Annetta Flanigan, Shqipe Hebibi et Angelito Nayan, les trois collaborateurs de l'ONU enlevés alors qu'ils circulaient en voiture dans Kaboul.

Le porte-parole de la MANUA, Manoel de Almeida e Silva, a réclamé à nouveau aujourd'hui leur remise en liberté. « C'est le voeu de leurs familles, de leurs amis, de leurs collègues » mais, « à en juger par les messages que nous recevons, c'est aussi le voeu des Afghans », a-t-il indiqué, lors d'une rencontre avec la presse qui avait lieu aujourd'hui à Kaboul.

Plus de 50 femmes afghanes ont ainsi renouvelé hier, lors du lancement de livres par une femme écrivain, Mme Nahid, leur offre de remplacer les trois otages en captivité. Cet appel fait suite à une déclaration identique émanant de 20 autres d'entre elles plus tôt dans la semaine.

Un homme d'affaires et sa famille ainsi qu'un groupe de quatre autres Afghans se sont également dits prêts à prendre la place d'Annetta, Shqipe et Lito en échange de leur liberté, indique-t-il dans un communiqué (en anglais) de la Mission.

Dans une lettre qui leur était adressée comme à tous ceux qui ont envoyé des messages de solidarité, le Représentant spécial Jean Arnault a exprimé sa profonde gratitude. Ces déclarations, a-t-il ajouté, donne à leur famille et à tout le personnel de l'ONU « espoir et force en ces temps difficiles. »

Par ailleurs, l'un des principaux chefs militaires « historiques », le général Dostum a offert le désarmement complet de ces troupes regroupées dans le 8e corps d'armée stationné à Mazar-e Sharif (carte). Un groupe de 150 hommes a intégré samedi le programme de désarmement, dénommé « Nouveau départ» et plus de 50 tanks devaient officiellement être remis aujourd'hui par le chef militaire lors d'une cérémonie à Sherbegan au Siège de la 53e division militaire.

« Nous espérons que cette volontée affirmée de désarmer le 8e corps et de rendre une quantité considérable d'armes lourdes va encourager d'autres commandants à faire de même » dans l'intérêt de la stabilité en Afghanistan, a déclaré Manoel de Almeida qui a précisé que d'autres mouvements de désarmement devaient avoir lieu dans le courant de la semaine à Kaboul et Faizabad.

Interrogé par la presse sur les raisons qui, à son avis, avait pu amener le général Dostum à prendre une telle décision, le porte-parole de la MANUA fait remarquer que « la réalité était une dynamique », qu'il y avait eu une élection récemment au cours de laquelle le général Dostum avait recueilli un nombre important de voix.

« Qui sait si cela a une signification particulière pour lui ? Peut-être ces élections montrent-elles que nous sommes en train de passer de la loi du fusil à une nouvelle réalité où les gouvernants procèdent de la volonté du peuple. Espérons que c'est ce qui est en train de se produire », a-t-il ajouté.

Il a fait remarquer qu'une telle évolution aurait un impact significatif sur la mise en place d'un contexte plus sûr pour la population et plus favorable au lancement de projets de développement.

« Ceux qui sont dans la position d'influer sur ces changements ont une responsabilité vis-à-vis de la population – et de personne d'autre – de faire quelque chose », a-t-il souligné.

 

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