Kofi Annan réclame un plan de paix global pour les Grands Lacs

19 novembre 2004

Dénonçant « des années de mauvais gouvernement » qui ont plongé la région dans le chaos et la pauvreté, le Secrétaire général a appelé aujourd'hui les participants à la Conférence sur la région des Grands Lacs à lui donner la possibilité d'exprimer son potentiel en adoptant un document de fin de réunion qui la dote d'un plan de paix global et détaillé.

Dénonçant « des années de mauvais gouvernement » qui ont plongé la région dans le chaos et la pauvreté, le Secrétaire général a appelé aujourd'hui les participants à la Conférence sur la région des Grands Lacs à lui donner la possibilité d'exprimer son potentiel en adoptant un document de fin de réunion qui la dote d'un plan de paix global et détaillé.

« La région des Grands lacs a le potentiel de devenir une locomotive africaine, a déclaré Kofi Annan, s'exprimant lors de la cérémonie d'ouverture de la Conférence sur la paix, la sécurité, la démocratie et le développement dans la région, qui commençait ses travaux à Dar es Salaam, ancienne capitale et siège des ambassades de la Tanzanie.

« Ses populations sont dynamiques. Ses ressources naturelles couvrent une gamme allant des matériaux nécessaires à la vieille industrie à ceux qui se trouvent au centre de l'économie de l'information et à la pointe de la recherche médicale », a-il fait observer, ajoutant que si les pays de la région avaient la possibilité de contrôler et de développer leurs propres ressoures, ils pourraient aussi se lancer sur le marché mondial avec toutes les chances de succès.

Et pourtant, a poursuivi le Secrétaire général de l'ONU, « la région est demeurée dans la pauvreté, son développement politique et économique à la traîne, le talent de ses populations réprimées. »

« Des années de mauvais gouvernement ont privé les populations de la région des Grands Lacs de leur liberté, ont instillé en elles la méfiance et semé le doute sur le concept même de bon gouvernement. Au lieu de stimuler la santé et le bien-être dans la région, ses ressources ont enrichi une petite élite et ceux qui les suivent », a-t-il ajouté.

Kofi Annan a également dénoncé les conflits qui « ont effacé de nombreux gains au plan du développement et ont permis à des maladies telles que le sida de se propager plus facilement. »

Et pour finir, a-t-il déclaré, « le génocide dont les répercussions se font toujours sentir, a plongé la région dans l'horreur absolue. La région des Grands Lacs, en résumé, a été ravagée par un niveau effarant de pertes humaines et matérielles. »

Dans « la décision stratégique des dirigeants de la région de rechercher la paix », le Secrétaire général a toutefois indiqué voir « une lueur d'espoir. »

« Les gens du peuple et la société se sont mobilisés pour mettre en place des services vitaux et pour exiger un mode de gouvernement transparent et comptable de ses actes. La communauté internationale a pris l'engagement de remplir ses responsabilités et les Nations Unies ont battu le rappel de tous ses rouages dans le domaine du maintien de la paix, de l'humanitaire et du développement », a-t-il énuméré.

Cette conférence qui « nous rassemble dans un esprit d'objectif partagé et de vision commune » s'appuie sur des processus de paix nationaux qui ont graduellement rétabli un niveau de confiance qui « nous permet de passer à l'étape suivante : la promotion d'une coopération régionale constructive », a fait valoir Kofi Annan.

« En réalité, un processus de paix ou une stratégie de développement, quels qu'ils soient, qui ne résoudraient pas les problèmes transfrontaliers seraient au mieux inachevés et sujets à un revirement », a-t-il déclaré, ajoutant que c'était la raison pour laquelle la Conférence avait cherché à aller au delà d'une approche purement géographique pour associer tous les pays dont les contributions étaient nécessaires à une paix durable, à la stabilité et au développement.

Evoquant les confrontations ethniques dont les répercussions s'étaient faites sentir dans les pays voisins, il a insisté sur le fait qu'il fallait s'assurer « qu'aucun Etat à l'avenir ne serve de pays d'accueil pour ceux qui ont semé la violence et versé le sang dans des pays voisins ou prévoient de tels actes dans le futur. »

« Il vous incombe de faire de la Déclaration [adoptée à l'issue de la Conférence] une série de protocoles détaillés et de programmes d'action qui dote la région d'un plan de paix », a poursuivi le Secrétaire général.

Reconnaissant qu'il s'agissait d'une « tâche énorme », il a toutefois fait observer en conclusion que ce qui était en jeu était « rien moins que l'ouverture d'une ère nouvelle pour plusieurs millions d'hommes, de femmes et d'enfants africains. »

Le Secrétaire général de l'ONU est arrivé en Tanzanie en provenance du Kenya où il s'est adressé hier au Conseil de sécurité réuni en séance exceptionnelle hors siège sur la question du Soudan.

La Conférence sur les Grands Lacs, qui se poursuit jusqu'à demain, a été décidée alors qu'après des décennies de guerres civiles, notamment en République démocratique du Congo (RDC), l'ONU a considérablement renforcé sa présence dans ce pays où elle maintient actuellement la plus importante de ses missions de la paix.

 

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