Soudan : Kofi Annan croit en une résolution réclamant un accord de paix d'ici à la fin 2005

18 novembre 2004

Affirmant que le temps des décisions était venu, le Secrétaire général, qui s'adressait aujourd'hui au Conseil de sécurité réuni au Kenya, s'est dit confiant dans la possibilité d'une adoption par le Conseil d'une résolution sur le Soudan réclamant un accord de paix d'ici à la fin de l'année.

La démarche « rare et symbolique » décidée par le Conseil de se réunir « ici en Afrique » pour y débattre de la question du plus grand pays du continent mais aussi de l'un de ceux « les plus touchés par les conflits » a été jugée « appropriée » par le Secrétaire général de l'ONU qui s'exprimait (texte en anglais), aujourd'hui devant le Conseil de sécurité réuni sur le dossier du Soudan, à Nairobi au Kenya, pour sa quatrième réunion hors siège depuis 1952.

Soulignant les « divisions complexes et profondément ancrées » que connaît le Soudan, il a rappelé que « pendant des décennies la population y avait vécu dans la peur, la faim et la misère », tout en mettant l'accent sur l'espoir d'échapper à « ce long cauchemar » que faisaient naître les processus de paix de Naivasha au Kenya.

« Il est grand temps de conclure les négociations entre le Gouvernement du Soudan et le Mouvement populaire de libération du Soudan et sa branche armée et de commencer à appliquer ce sur quoi il y a eu accord », a-t-il déclaré.

Tout retard « se fait sentir non seulement dans le Sud mais également ailleurs au rythme d'un conflit qui gagne de plus en plus de parties au pays », a fait remarquer Kofi Annan.

« C'est pourquoi le temps de la décision est venu, a-t-il ajouté. Il n'y a plus de temps à perdre. La conclusion rapide des pourparlers Nord-Sud permettra non seulement de limiter la propagation du conflit [...] mais elle servira de base et de catalyseur au règlement des conflits existants. »

Le Secrétaire général a énoncé une raison supplémentaire de conclure au plus vite le processus de Naivasha, le fait que cela amènerait à la création d'un gouvernement de coalition à Khartoum dont il s'est dit convaincu qu'il pèserait et donnerait un nouvel élan au règlement des crises ayant lieu « au Darfour et ailleurs. »

Il s'est dit confiant à l'égard du fait que, dans la résolution que le Conseil adopterait sur le Soudan, il « encouragerait les parties à signer un accord global de paix d'ici à la fin de l'année. »

« Ce type d'approche est nécessaire parce qu'il y a un problème général de gouvernance au Soudan. Il ne s'agit pas simplement d'un problème Nord/Nord ou du Darfour ou de Beja. [...] Les Soudanais originaires de toutes les régions du pays et de tous les bords, y compris les partis politiques, la société civile et les exilés, vont devoir se rassembler pour discuter de l'avenir du Soudan et de la façon dont le pays doit être gouverné », a déclaré le Secrétaire général qui a par ailleurs indiqué qu'au Darfour, la situation continuait à se dégrader en raison des violations par l'ensemble des parties des accords signés à N'Djamena et renforcés à Abuja.

 

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