Kosovo : trois membres de l'UCK devant le Tribunal de l'ONU

15 novembre 2004

Aujourd'hui démarre au Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY), le procès de trois membres de l'Armée de libération du Kosovo (ALK), plus connu sous son sigle albanais, l'UCK (Ushtria Çlirimtare ë Kosovë).

Le second acte d'accusation amendé, indique un communiqué du TPIY, les charge de s'être rendus coupables de crimes contre l'humanité et de crimes contre les lois de la guerre.

Plus spécifiquement, Fatmir Limaj, Haradin Bala et Isak Musliu sont accusés d'avoir participé à une entreprise criminelle conjointe, née avant mai 1998 et qui s'est poursuivie au moins jusqu'en août 1998, qui avait pour but de cibler des civils serbes et ceux qui étaient perçus comme des collaborateurs albanais « à des actes d'intimidation, d'emprisonnement, de violence et de meurtre. »

« Sous le commandement et le contrôle de Fatmir Limaj et Isak Musliu le forces de l'ALK ont détenu illégalement des civils serbes et albanais des villages de Stimlje/Shtime, Glogovac/Gllogoc, and Lipljan/Lipjan » le camp d'emprisonnement de Lapusnik/Llapushnik, indique l'acte d'accusation.

Les deux hommes et Haradin Baladin, un des gardes du camp ont participé au maintien et à la mise en oeuvre d'une politique créant des conditions inhumaines dans le camp, où la nourriture et les soins médicaux étaient « inadéquats. » Haradin Bala et Isak Malu sont en outre accusés d'avoir participé ou aidé et encouragé le meutre d'un certain nombre de détenus.

Toujours selon l'acte d'accusation du TPIY, deux jours après que les forces serbes ont commencé le 26 juillet 1998 à reprendre le contrôle du secteur, l'ALK a abandonné le camp d'emprisonnement non sans que Haradin Bala et un autre garde n'aient contraint un groupe de 21 prisonniers environ à les suivre dans les montagnes de Berisa ou Berisha.

En chemin ils ont rencontré Fatmir Limaj qui a donné des ordres à Haradin Bala. Peu de temps après, ce dernier a séparé les prisonniers en deux groupes. L'un d'eux, composé approximativement de neuf prisonniers, a été remis en liberté, indique le communiqué du Tribunal.

Haradin Bala, un autre garde et un soldat de l'ALK ont alors conduit la douzaine de prisonniers restants dans une clairière et leur ont tiré dessus, tuant dix d'entre eux.

L'acte d'accusation précise que ces événements sont survenus dans le cadre du conflit armé qui a éclaté au début de 1998, après des années d'une tension et d'une violence croissante et que le passage au conflit ouvert était cohérent compte tenu du fait que l'ALK militait de façon générale en faveur d'une résistance armée active à l'autorité serbe au Kosovo.

 

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