Darfour : le HCR bloqué à Nyala, poursuite des violations des droits de l'homme

Darfour : le HCR bloqué à Nyala, poursuite des violations des droits de l'homme

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Alors que le Représentant du Secrétaire général pour les droits de l'homme alerte sur les violations graves des droits de l'homme au Darfour et que se poursuit l'enquête internationale sur les crimes contre l'humanité, l'agence de l'ONU pour les réfugiés a décidé le transfert au Darfour Ouest de membres de son personnel international au Sud-Darfour, assigné à Nyala par les autorités soudanaises.

Le Représentant du Secrétaire général pour les droits de l'homme a exprimé sa profonde préoccupation quant aux informations concernant la poursuite des déplacements forcés et d'autres graves violations des droits de l'homme au Darfour, a indiqué aujourd'hui le porte-parole du Secrétaire général, Fred Eckhard, lors de son point quotidien avec la presse, au Siège de l'ONU à New York.

« Walter Kalin a aussi appelé le Gouvernement du Soudan à assumer la responsabilité qui lui incombe de protéger et d'aider sa propre population », a indiqué le porte-parole, qui a rappelé qu'hier encore, pour la seconde fois, les autorités soudanaises sont intervenues au camp d'Al Jeer, au Sud-Darfour, pour y déplacer de force les personnes déplacées (voir notre dépêche du 10 novembre 2004).

Le Représentant spécial du Secrétaire général, Jan Pronk, en visite à Nyala, a tenté aujourd'hui de visiter ce camp, a précisé Fred Eckhard.

En outre, la Commission d'enquête internationale chargée de déterminer si des crimes contre l'humanité ont été commis au Darfour a poursuivi ses travaux au Darfour, après deux jours d'entretiens à Khartoum, la capitale du Soudan (voir notre dépêche du 8 novembre 2004).

Par ailleurs, « le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) a annoncé qu'il retirait temporairement du « personnel essentiel de la région du Sud-Darfour »

ravagée par les affrontements » annonce aujourd'hui un communiqué de l'agence (en anglais).

Le directeur des opérations du HCR au Soudan, Jean-Marie Fakhouri a indiqué que les déplacements de son personnel avaient été limités à Nyala, la capitale de l'Etat du Sud-Darfour, depuis presque trois semaines, sur ordre des autorités soudanaises, après que le HCR et d'autres partenaires des Nations Unies sont intervenus, le 20 octobre dernier, pour arrêter le transfert non volontaire des personnes déplacées (voir notre dépêche du 2 novembre).

Selon le HCR, les autorités soudanaises ont répondu en consignant le personnel de l'agence à Nyala (carte), en principe jusqu'au 6 novembre.

Hier, toutefois, les restrictions étaient toujours en place et M. Fakhouri a décidé que trois des quatre membres du personnel international de Nyala seront temporairement transférés, aujourd'hui, à El Geneina, au Darfour Ouest.

« Il est extrêmement frustrant pour notre personnel de rester à ne rien faire », a-t-il déclaré, ajoutant : « si nous ne sommes pas autorités à faire notre travail au Sud Darfour, le HCR n'a pas d'autre choix que d'aller ailleurs, où les besoins sont aussi importants ».

L'agence de l'ONU pour les réfugiés a récemment annoncé le renforcement de sa présence au Darfour Ouest, à la suite de l'autorisation donnée par le Secrétaire général Kofi Annan de fournir une protection accrue aux personnes déplacées à l'intérieur du territoire et de préparer leur retour volontaire éventuel, souligne le communiqué qui informe que 20 membres du personnel international se trouvent actuellement dans la région.