Les violences en Côte d'Ivoire condamnées par Kofi Annan

Les violences en Côte d'Ivoire condamnées par Kofi Annan

Kofi Annan
Alors que le Nord de la Côte d'Ivoire, privé d'électricité et d'eau potable, suscite des inquiétudes d'ordre humanitaire, à Abidjan où s'accentuent les incitations à la haine dans les médias et où sévissent « les voyous », ont été organisées des patrouilles conjointes entre troupes de l'ONU, forces gouvernementales et soldats français tandis qu'y est arrivé aujourd'hui le Président de l'Afrique du Sud mandaté par l'Union africaine pour tenter de mettre fin à la crise.

Le Secrétaire général a condamné aujourd'hui les attaques menées au-delà de la Zone de confiance, y compris contre les forces françaises de l'opération Licorne et déploré, dans une déclaration communiquée par son porte-parole, les violences qui se poursuivent à Abidjan, y compris contre les ressortissants étrangers.

Son porte-parole, Fred Eckhard, a indiqué lors du point de presse organisé quotidiennement à l'ONU à New York, qu'aucune information ne faisait actuellement état de la présence de troupes ivoiriennes, qu'il s'agisse de forces gouvernementales ou de combattants des Forces nouvelles dans la Zone de confiance contrôlée par l'ONU.

Il a également précisé que le Nord de la Côte d'Ivoire était dans l'ensemble calme.

Il en va différemment à Abidjan où les manifestations violentes se poursuivrent sans faiblir. Certaines zones sont contrôlées par les voyous, a-t-il indiqué, citant en exemple le fait que des femmes aient aujourd'hui payer 100 francs CFA pour pouvoir accéder à un marché. La nourriture commencerait à se faire rare dans certains secteurs.

La Mission de l'ONU signale également une augmentation des messages désignant à la vindicte populaire telle ou telle composante de la population résidente. C'est ainsi que la télévision nationale a diffusé la plaque d'immatriculation d'une camionnette blanche en indiquant qu'elle était conduite par des citoyens français.

Dans la déclaration rendue publique aujourd'hui, Kofi Annan réclame « l'arrêt immédiat de toute incitation à la haine dans les médias. » Il appelle également les protagonistes à « assurer la protection, la sécurité et le respect des droits de chacun en Côte d'Ivoire. »

Dans l'intervalle, le nombre des personnes ayant cherché refuge dans des sites protégés par l'ONU est passé à 1 800, selon les informations fournies par Fred Eckhard qui a également indiqué qu'à Bouaké, toujours privé d'eau et d'électricité, la situation humanitaire était décrite comme devenant alarmante dans certains secteurs.

L'ONU, a-t-il ajouté, s'efforce d'approvisionner les hôpitaux de la région en carburant.

Initiative accueillie favorablement par le Secrétaire général, des patrouilles mixtes auxquelles participent l'ONUCI (Opération des Nations Unies en Côte d'Ivoire, nom officiel de la Mission de l'ONU), les Forces armées nationales de Côte d'Ivoire (FANCI) et les forces françaises de l'opération Licorne ont été organisées à Abidjan.

Le porte-parole de l'ONU a précisé que les Casques bleus participant à ces patrouilles étaient des militaires nigériens et togolais et que les patrouilles ont été déployées aujourd'hui à Abidjan dans un contexte tendu avec pour objectif de rassurer la population.

Il a enfin indiqué que le Président de l'Afrique du Sud, Thabo Mbeki, représentant l'Union africaine, était arrivé à Abidjan pour tenter de mettre fin à la crise actuelle. Cette démarche a été saluée par Kofi Annan qui a réitéré « son soutien aux efforts déployés par l'Union africaine et la CEDEAO pour trouver une solution rapide et durable à la crise actuelle en Côte d'Ivoire. »