L'appel du chef du HCR aux dirigeants européens en faveur d'un « bon » système d'asile

5 novembre 2004

Dans un éditorial publié dans la presse européenne, le chef de l'agence de l'ONU pour les réfugiés lance un appel aux dirigeants de l'Union européenne qui devraient adopter aujourd'hui de nouvelles dispositions en matière d'asile, pour qu'elle se dote d'un système « équitable et efficace et pas seulement rapide. »

Alors que l'on s'attend à ce que les dirigeants de l'Union européenne, réunis à Bruxelles, adoptent aujourd'hui la seconde phase de leur programme d'harmonisation de la législation européenne en matière d'asile, le Haut commissaire des Nations Unies pour les réfugiés, Ruud Lubbers, a lancé un appel aux Européens un appel pour qu'ils se dotent d'un système qui « ne se contente pas d'être rapide mais soit équitable et efficace ».

Ruud Lubbers a choisi pour ce faire de rédiger un éditorial, publié dans plusieurs journaux européens, dans lequel il analyse la performance du système appliqué actuellement en Europe, a indiqué aujourd'hui à Genève le porte-parole du HCR (Haut commissariat des Nations Unies pour les réfugiés), Ron Redmond.

Il y écrit notamment : « Gardons-nous tout d'abord d'adhérer au mythe facile selon lequel l'Europe est submergée de demandeurs d'asile. En 1992, les 25 pays qui forment aujourd'hui l'Europe recevaient 680 000 demandes d'asile. Elles n'étaient tout au plus que 350 000 l'an dernier. »

Tout en reconnaissant « les inquiétudes légitimes, comme celles causées par l'immigration illégale, les échecs de l'intégration, dans certains cas, et l'après-coup du 11 septembre 2001 », il fait remarquer que le nombre précité « demeure éminemment gérable » tout en soulignant que « malgré cela, la rhétorique se poursuit, fréquemment aggravée par des considérations politiciennes et des tendances xénophobes à peine déguisées. »

Il reproche au processus d'harmonisation européen de prendre en compte le "partage des tâches". « Au lieu d'une répartition des tâches et des responsabilités, nous assistons au contraire à une tendance fâcheuse à rejeter celles-ci, soit vers d'autres Etats de l'Union, soit à l'extérieur de l'Union, dans les deux cas vers des pays souvent bien moins équipés pour traiter les demandes d'asile. »

Son analyse du système existant repose sur un constat : « l'inefficacité des procédures d'asile » et, dans la conclusion de son adresse aux dirigeants européens, il les exhorte à prendre acte de ces réalités.

« Ce que veulent les Européens et ce que méritent les réfugiés, c'est finalement la même chose : un système fiable, capable d'identifier et de protéger ceux qui sont en droit d'obtenir le statut de réfugié », affirme-t-il.

La première phase du programme d'harmonisation de la législation de l'asile en Europe, une initiative que le porte-parole du HCR a qualifié de « processus extrêmement important » a été lancée à Tampere en Finlande, en 1999 et s'est achevée le 1er mai de cette année, lors de l'élargissement de l'Union européenne, a-t-il précisé.

Le chef du HCR s'est exprimée à plusieurs reprises sur cette question. Au début de cette année notamment, il proposait de créer une Agence européenne de l'asile qui gèrerait collectivement les demandes et répartirait le poids de l'accueil des réfugiés. Il exprimait également les inquiétudes du HCR à l'égard du projet de directive de l'Union sur les procédures d'asile (voir notre dépêche du 22 janvier).

 

♦ Recevez des mises à jour quotidiennes directement dans votre boîte mail - Inscrivez-vous ici.
♦ Téléchargez l'application ONU Info pour vos appareils iOS ou Android.