Afghanistan : l'ONU réclame la libération de ses otages captifs depuis une semaine

4 novembre 2004

La Mission de l'ONU en Afghanistan a aujourd'hui exprimé son inquiétude quant au sort des employés de l'Organisation, toujours retenus en otages, une semaine après leur enlèvement en dépit des efforts déployés et de la solidarité manifestée par des Afghans de tous bords. Elle a également fait part des conclusions du groupe d'experts indépendants sur le déroulement des élections.

Alors qu'une semaine s'est écoulée depuis l'enlèvement de trois collaborateurs du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) à Kaboul (voir notre dépêche du 31 octobre), le porte-parole de la MANUA, la Mission d'assistance des Nations Unies pour l'Afghanistan, Manoel Almeida e Silva, a exprimé sa gratitude à l'égard des efforts déployés par les autorités afghanes pour obtenir leur libération, ajoutant que l'ONU faisait tout ce qui était en son pouvoir pour appuyer cette action.

Lors d'une rencontre avec la presse qui avait lieu aujourd'hui à Kaboul, il a également fait part de l'émotion suscitée à la Mission par les manifestations de solidarité exprimées par les Afghans qu'il s'agisse de simples individus ou de partis politiques.

Il a notamment rappelé que le Conseil des oulémas avait émis une fatwa [édit religieux], jeudi dernier, condamnant l'enlèvement qu'il a décrêté être anti-islamique. Le Conseil, qui a demandé la remise en liberté des otages, a rappelé que l'Afghanistan était un Etat membre de l'ONU et que le personnel de l'Organisation était dans le pays pour servir le peuple d'Afghanistan.

Manoel Almeida a cependant exprimé l'inquiétude croissant que le sort de Shqipe Hebibi, Annetta Flanigan, and Angelito Nayan inspirait à la communauté onusienne en Afghanistan.

« Cela fait sept jours qu'ils ont été capturés et, compte tenu des conditions extrêmement rudes, nous sommes très préoccupés par leur état de santé », a-t-il déclaré, appelant à nouveaux ceux qui les détiennent à les remettre en liberté « immédiatement et sains et saufs. »

Revenant sur l'élection à la présidence de Hamid Karzai qui a recueilli 55,4% des voix, devenant ainsi le premier président démocratiquement élu dans l'histoire de l'Afghanistan, le porte-parole de la MANUA a souligné que cela lui avait valu, dès les résultats confirmés par l'autorité électorale mixte (JEMB selon son acronyme anglais), les félicitations du Secrétaire général de l'ONU (voir notre dépêche du 3 novembre.)

Auparavant le groupe indépendant chargé de vérifier les plaintes des candidats à l'élection avait remis leur rapport final (en anglais). Ils concluaient que «l'élection méritait des éloges, tout particulièrement en raison des circonstances difficiles», que certes, «il y avait eu des imperfections» et que «ces problèmes méritaient d'être pris en considération de façon à s'assurer que la volonté des électeurs avait pu s'exprimer correctement et à définir les améliorations à apporter aux élections futures», a indiqué Manoel de Almeida.

Toutefois, ces imperfections « n'ont pu affecter matériellement le résultat global », ont jugé les experts.

A propos du problème de l'encre [appliquée sur la main de ceux qui avaient voté pour prévenir le vote répété d'une même personne], la question, selon eux, « la plus controversée et qui a fait l'objet d'une large publicité », ils indiquent dans leur rapport que « la mauvaise utilisation ou application de l'encre, le jour de l'élection, n'avait pas de motivation politique et que le vote muliple n'avait pas été un problème significatif », ce jour-là.

 

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