Kofi Annan réclame les moyens d'assurer la sécurité du personnel de l'ONU

2 novembre 2004

Le Secrétaire général de l'ONU, prenant acte des défaillances du système de sécurité actuel de l'ONU, a recommandé hier à la Commission administrative et budgétaire de l'Assemblée générale de l'ONU la mise en place d'un système de sécurité intégré sous direction unifiée pour un coût de 97 millions de dollars.

Même si la détérioration des conditions de sécurité dans lesquelles opère le personnel de l'ONU n'est pas un phénomène nouveau et si des équipes d'experts indépendants ont évalué le système de sécurité de l'Organisation en 2000 et en 2003, le rapport Ahtisaari sur l'attaque à la bombe lancée contre le Siège de l'ONU à Bagdad en août 2003 « a mis en évidence, de façon éloquente les faiblesses de notre système », a exposé hier Kofi Annan devant la 5e Commission (administrative et budgétaire) de l'Assemblée générale.

« Le message de ces évaluations exhaustives est clair : avec ou sans Bagdad, notre système de sécurité n'était pas adapté aux nouvelles menaces auxquelles nous devons désormais faire face », a déclaré le Secrétaire général.

Il a insisté sur l'ampleur de la tâche : protéger 100 000 collaborateurs internationaux et nationaux ainsi que les membres de leurs familles et les personnes à leur charge ce qui représente plus de 300 000 personnes supplémentaires.

Faisant observer que « la sécurité n'était ni un privilège ni un luxe ni une réaction à retardement mais une condition essentielle à la réalisation de ce travail », il a présenté un plan visant à pallier les défaillances du dispositif actuel.

A la place d'arrangements, qu'il a décrits comme étant « terriblement fragmentés entre des entités et des services disparates à la fois dans les Sièges et sur le terrain », il a proposé de mettre en place un système intégré de la gestion de la sécurité.

Cette direction de la sécurité est conçue « de façon à garantir que des procédures et des lignes claires de responsabilité soient intégrées au système de telle sorte que nos directeurs puissent assumer leurs responsabilités ou se disculper », a expliqué Kofi Annan.

« Elle est également conçue pour faire en sorte que nous soyons organisés et dotés du personnel voulu susceptible de fournir une analyse fiable des menaces et du risque [...]. Elle est conçue pour faire en sorte que nos opérations sur le terrain reçoivent l'appui nécessaire », a-t-il ajouté.

« Nous ne pouvons pas accepter plus longtemps une situation dans laquelle 33 pays ne disposent pas d'un agent résidant sur le terrain en charge de la sécurité et où dans 18 autres pays, la totalité du personnel ne peut assurer la couverture requise », a fait observer le Secrétaire général.

Ajoutant que la nouvelle direction serait également dotée d'un cadre d'experts en matière de sécurité, il a indiqué qu'un tel système avait un coût et que celui-ci s'élevait en l'occurrence à 97 million de dollars, une somme qu'il a présentée comme « relativement modeste » par comparaison avec celles affectées aux différents programmes du système de l'ONU.

En réalité, a-t-il souligné, ce système « ne devrait pas être vu comme distinct des programmes mais comme une des conditions essentielles » à leur réalisation dans la mesure où sans « sécurité adéquate, nous ne pouvons pas effectuer efficacement notre travail humanitaire et de développement dans une large partie du monde. »

« Laissez-moi rappeler ce qui est en jeu », a déclaré Kofi Annan. « Des peuples du monde entier, dont nombre de vos propres citoyens, appellent l'ONU à l'aide dans les moments de crise – au Darfour ou ailleurs, dans des endroits qui ne se trouvent pas sous les projecteurs médiatiques – ou encore simplement pour les accompagner dans leur combat au jour le jour pour rester dignes. »

« Les hommes et les femmes qui servent les Nations Unies les entendent et sont impatients de répondre à leur appel [...]. Pour cela ils ont besoin de sécurité », a-t-il fait observer.

 

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