R. D. du Congo : lancement d'une stratégie pour le retour des personnes déplacées

29 octobre 2004

Alors que le Gouvernement congolais lance une stratégie humanitaire nationale conjointe pour le retour et la réintégration des personnes déplacées et des réfugiés, la Mission de l'ONU est mise à contribution pour apporter un rôle d'appui aux activités humanitaires, une coordination qui a montré récemment son efficacité lors du retour des réfugiés Banyamulenge à Uvira.

« Une délégation humanitaire conjointe, en visite à Bunia, s'est entretenue avec le chef du Bureau de la MONUC à propos de la situation et de la stratégie humanitaires pour l'Ituri », indique aujourd'hui un communiqué de la MONUC, la Mission des Nations Unies en République démocratique du Congo.

Outre la nécessité d'une « capacité de réaction rapide liée à l'aide humanitaire », c'est de la « reconstruction et du renforcement du tissu social en Ituri » qu'il a été question lors de cette rencontre.

Pour y parvenir, ont souligné les participants, il faudrait renforcer la présence des agences humanitaires et de « l'espace humanitaire », et à cette occasion a été envisagé un « plan d'action pour l'Ituri », prévoyant une collaboration avec les partenaires locaux et les autorités du gouvernement.

Parallèlement, indique la MONUC, des représentants de la section humanitaire de la MONUC ont rencontré à Kinshasa le ministre congolais de la Solidarité et des Affaires humanitaires pour étudier un « nouvel essor du rôle d'appui de la MONUC aux activités des agences humanitaires », et l'élaboration d'une « stratégie humanitaire nationale conjointe pour le retour et la réintégration des personnes déplacées et des réfugiés ».

La semaine dernière le Bureau de la Coordination humanitaire de l'ONU (OCHA) avait mis en perspective les rôles respectifs de la MONUC, en tant que force militaire d'appui et des organisations humanitaires, dont elle avait souligné la mobilité et la souplesse (voir notre dépêche du 13 octobre).

Le Ministère de la Solidarité et des Affaires humanitaires a annoncé à cette occasion le « lancement d'un plan national pour le retour des personnes déplacées, en collaboration avec ses partenaires humanitaires ».

Le retour des Banyamulenge se poursuit par ailleurs à Kalemie, indique le communiqué de la MONUC, qui indique qu'à l'occasion de la visite du chef d'OCHA à Uvira, la MONUC avait « facilité l'organisation d'une réunion avec des autorités locales et des fonctionnaires de la MONUC ainsi que de représentants de la communauté Banyamulenge ».

La précédente vague de retour de réfugiés congolais Banyamulenge, en provenance du Burundi, parmi lesquelles des rescapés du massacre qui a eu lieu à Gatumba, en août dernier, avait été accueillie par des protestations de la population locale (voir notre dépêche du 13 octobre).

Les discussions ont porté sur les conditions de vie actuelles et l'éventuel retour de 33 Banyamulenge qui ont trouvé refuge dans les locaux de la MONUC depuis les événements militaires de juin 2004. Les consultations se poursuivent entre les partenaires en vue de trouver une solution durable pour le retour et la réintégration de ces personnes déplacées, informe le communiqué.

Par ailleurs, approximativement 3 000 réfugiés congolais qui se sont enfuis récemment en Zambie à cause de l'insécurité résultant de l'insurrection de militaires rebelles à Kilwa, une ville minière en bordure du Lac Mweru, seraient rentrés en RDC.

« Selon les membres de la communauté humanitaire dans la région, les personnes concernées ne sont pas dans un besoin urgent d'aide humanitaire. Les autorités locales ont déclaré avoir envoyé des vivres dans cette ville d'environ 6 000 habitants », indique la MONUC.

 

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