Grands Lacs : signature d'un accord tripartite entre la RDC, le Rwanda et l'Ouganda.

27 octobre 2004

Régler les problèmes de sécurité aux frontières communes, tel est l'objet d'un accord tripartite signé le 26 octobre à Kigali entre la R.D. du Congo, le Rwanda et l'Ouganda, à laquelle la Mission de l'ONU a participé en tant qu'observateur, au moment où stratégies de sécurité communes et mécanismes régionaux de non-agression font partie des priorités de la Conférence internationale sur les Grands Lacs.

« La Mission des Nations Unies en République démocratique du Congo (MONUC) salue la signature d'un accord tripartite sur la sécurité régionale dans la région des Grands Lacs entre la République Démocratique du Congo, le Rwanda et l'Ouganda » indique aujourd'hui un communiqué de la MONUC.

« Cet accord a été signé à Kigali, le 26 octobre 2004, à l'issue d'une réunion des ministres des Affaires étrangères des trois pays », a annoncé aujourd'hui à Kinshasa le porte parole de la MONUC, Mamadou Bah, au cours de son point de presse hebdomadaire.

« La réunion de Kigali, organisée sous l'égide des Etats-Unis d'Amérique, a été facilitée par le Secrétaire d'État adjoint américain aux Affaires africaines, M. Don Yamamoto, a-t-il précisé, ajoutant que la MONUC y avait pris part en tant qu'observatrice, aux côtés des représentants de l'Union européenne et du Burundi.

A l'issue de la réunion précédente, qui s'était tenue en septembre dernier à Washington, les gouvernements congolais, rwandais et ougandais avaient signé un protocole d'accord sur la mise en place des mécanismes pour résoudre leurs problèmes de sécurité aux frontières communes, a expliqué le porte-parole.

Par ailleurs, M. Bah a informé la presse de « l'indignation de la MONUC suite à une série d'abus commis par certains membres du Groupe spécial de la sécurité présidentielle (GSSP) à Kisangani contre les membres de son personnel ».

''Depuis la fin de la visite présidentielle à Kisangani, des éléments du GSSP dont deux mille cinq cents membres sont restés sur place, ont multiplié des actes de harcèlement contre le personnel de la MONUC'', a affirmé le porte-parole, soulignant que ce harcèlement se traduit par des fouilles de véhicules et des domiciles, des détentions arbitraires, des séquestrations et la confiscation de matériels de travail, ainsi que des actes de brutalité.

Il a rappelé que ''la fouille des véhicules de la MONUC ou des domiciles de son personnel ainsi que les entraves au travail de la Mission de l'ONU constituent une violations des résolutions du Conseil de sécurité''.

Le porte-parole de la MONUC a en outre annoncé qu'une équipe d'experts des Nations Unies était arrivée mardi à Lubumbashi dans le cadre d'une mission d'enquête sur la mine d'uranium de Shinkolobwe, dont l'effondrement partiel en juillet dernier avait provoqué la mort d'une dizaine de personnes.

La délégation composée d'enquêteurs de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), du Programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE) et de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), devrait identifier les causes de l'effondrement, évaluer le niveau de contamination et le taux de radiation ainsi que les impacts environnementaux et humanitaires de cette catastrophe.

Répondant à une question sur la présence à Bunia en Ituri d'un expert de l'ONU chargé d'enquêter sur les cas d'abus sexuels dont se seraient rendus coupables certains membres de la MONUC, le porte-parole a confirmé que cet expert, le Prince Zied de Jordanie, avait été mandaté par le Secrétaire général de l'ONU pour faire toute la lumière sur ces allégations. Il a souligné « qu'en matière d'abus sexuels, le Secrétaire général applique une politique de zéro tolérance ». C'est dans ce cadre que la MONUC a récemment rapatrié deux Casques bleus tunisiens pour mauvaise conduite, a-t-il rappelé, notant que les sanctions les plus sévères seront prises à l'encontre des coupables, civils comme militaires.

Enfin, présent à cette conférence de presse, le Directeur de la division DDRRR (Désarmement, démobilisation, rapatriement, réinstallation et réinsertion) de la MONUC, M. Peter Swarbrick, a fait le point du rapatriement des groupes armés étrangers.

Il a annoncé que le 25 octobre dernier, 62 ex-combattants ougandais, accompagnés de 14 enfants et 17 femmes, avaient été rapatriés dans leur pays. Ce mercredi, 11 ex-combattants rwandais sont arrivés à Goma pour être rapatriés à Kigali, tandis que 20 autres ex-combattants ougandais se sont rassemblés au Katanga en vue d'un proche rapatriement.

Au total, a conclu M. Swarbrick, 11.185 personnes ont déjà été rapatriées par la MONUC dans le cadre de l'opération DDRRR.

 

♦ Recevez des mises à jour quotidiennes directement dans votre boîte mail - Inscrivez-vous ici.
♦ Téléchargez l'application ONU Info pour vos appareils iOS ou Android.