HCR : treize demandeurs d'asile refoulés par l'Italie et Malte bloqués sur un navire

HCR : treize demandeurs d'asile refoulés par l'Italie et Malte bloqués sur un navire

Le navire Lydia Oldendorff à bord duquel sont bloqués les demandeurs d'asile
Le sort des 13 hommes, se disant être des Kurdes turcs, bloqués depuis près de deux semaines sur un navire en Méditerranée, après s'être vus refuser l'autorisation de demander l'asile en Italie puis à Malte est un sujet de préoccupation croissante, indique aujourd'hui l'agence de l'ONU pour les réfugiés.

Le porte container allemand Lydia Oldendorff mouille en eau internationale au large des côtes de Malte depuis le 15 octobre avec les 13 hommes à bord, créant une situation « extrêmement tendue » compte tenu de peu de place sur le navire et du fait qu'au moins un des hommes a tenté de se suicider, a déclaré aujourd'hui le porte parole du Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), Rupert Colville, lors d'une conférence de presse au Siège de l'ONU à Genève.

« Le HCR est de plus en plus préoccupé par la situation et exhorte Malte et l'Italie à 'agir en conformité avec leurs responsabilités dans le cadre du droit international, sans plus attendre' », a déclaré le porte-parole.

D'après le HCR, le vaisseau a fait le trajet de Mersin, en Turquie pour accoster le 9 octobre dans le port italien de Gioia Tauro, où les demandeurs d'asile, dont deux âgés de 13 et 15 ans, ont été trouvés dans un container à bord du bateau.

« Les hommes ont été emmenés au poste de police de Gioia Tauro où ils rapportent avoir tenté de déposer une demande d'asile mais ne pas avoir été autorisés à le faire. La police a remis les hommes à bord du bateau qui a poursuivi son chemin jusqu'à Valetta, à Malte », indique le communiqué du HCR.

L'agence pour les réfugiés explique que les demandeurs d'asile n'ont pas non plus été autorisés à débarquer à Valetta, le 14 octobre, et que la destination suivante du bateau devait être la Turquie, soit leur pays d'origine.

« Renvoyer un demandeur d'asile dans son pays d'origine sans entendre sa demande est contraire aux principes fondamentaux du droit international des réfugiés, et pourrait constituer un 'refoulement' », a déclaré Rupert Colville, entendant par là l'expulsion illégale d'un demandeur d'asile vers son pays d'origine.

Selon le HCR, « aux termes du droit européen, c'est l'Italie qui paraît avoir la responsabilité de l'évaluation de la demande d'asile. Selon les règles européennes dites « de Dublin », ils peuvent être débarqués à Malte puis transférés en Italie.

Le propriétaire du bateau, qui s'est rendu sur place et qui a accepté de reporter le voyage du bateau malgré de lourdes pénalités de retard, s'est indiqué disposé à renvoyer son bateau en Italie s'il recevait des garanties que l'Italie accepterait le débarquement des demandeurs d'asile, précise le communiqué de l'agence de l'ONU pour les réfugiés.