FAO : un Fonds fiduciaire mis en place pour sauvegarder la diversité végétale

21 octobre 2004

En contrepoint de la Journée mondiale de l'alimentation qui avait rappelé l'ampleur des pertes en matière de diversité végétale en un siècle, l'agence de l'ONU pour l'alimentation et l'agriculture annonce la constitution d'un Fonds fiduciaire mondial pour la diversité des cultures, initiative concrète qui devra sauvegarder les collections indispensables à la lutte contre la faim.

En contrepoint de la Journée mondiale de l'alimentation qui avait rappelé l'ampleur des pertes en matière de diversité végétale en un siècle, l'agence de l'ONU pour l'alimentation et l'agriculture annonce la constitution d'un Fonds fiduciaire mondial pour la diversité des cultures, initiative concrète qui devra sauvegarder les collections indispensables à la lutte contre la faim.

« Le Fonds fiduciaire mondial pour la diversité des cultures, une initiative visant à la conservation de la biodiversité agricole, essentielle sur notre planète, est entré en vigueur aujourd'hui en tant qu'organisation internationale indépendante », annonce l'agence de l'ONU pour l'agriculture, dans un communiqué publié aujourd'hui.

Le Fonds a franchi une étape majeure lorsque la Suède a signé l'accord rendant effective sa création, informe l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), le nombre de pays signataires étant passé à 12, englobant 5 régions du monde, et ce pays s'étant engagé à verser 50 millions de couronnes (environ 7 millions d'euros) au Fonds.

La Suède rejoint ainsi le peloton des Etats donateurs, dont l'Ethiopie, un des 10 pays les plus pauvres au monde, qui a récemment d'apporter 50 000 dollars,à un fonds de dotation de 260 millions de dollars qui servira à financer les collections de diversité végétale les plus précieuses et menacées, souligne l'agence de l'ONU.

Fruit de la stratégie de financement du Traité international sur les ressources phytogénétiques pour l'alimentation et l'agriculture, qui a acquis force de loi le 29 juin 2004, le lancement de ce Fonds survient à un moment où l'on constate « des pertes record de diversité végétale aussi bien dans les champs que dans les espaces naturels. Il coïncide aussi avec une situation de faim et de pauvreté extrêmes dans de nombreuses régions du monde », indique la FAO.

« En raison d'un financement instable et au compte-goutte, les génothèques, refuges pour la diversité des cultures, sont elles aussi de plus en plus menacées », ajoute l'agence.

Un pays comme "l'Ethiopie est très riche en biodiversité agricole mais extrêmement pauvre en ressources financières", a indiqué M. Tewolde, Directeur général de l'Autorité de protection de l'environnement du pays et membre du comité exécutif par intérim du Fonds.

L'objectif du Fonds est donc d'apporter une source de financement garantie et durable aux collections de diversité végétale les plus importantes du monde, dont il existe déjà plus de 1400 dans plus de 100 pays, qui constituent, selon la FAO, « les meilleures sources de matières premières dont les agriculteurs et les sélectionneurs ont besoin pour développer des cultures résistantes, fiables, productives et nourrissantes ».

Ces collections contiennent des caractères génétiques qui permettront aux cultures de résister à la fois aux changements climatiques, aux nuisibles et aux maladies et d'accroître le rendement des cultures afin de nourrir une population mondiale en croissance constante.

Les revenus du Fonds fiduciaire mondial pour la diversité des cultures, qui résulte d'une initiative conjointe de la FAO et de l'Institut international des ressources phytogénétiques (IPGRI) dans l'intérêt des Centres de récolte future du GCRAI, qui devraient s'élever à 12 millions de dollars par an environ, apporteront un appui aux coûts de base de conservation des collections nationales et internationales de diversité végétale.

Jusqu'à présent, le Fonds fiduciaire mondial pour la diversité des cultures a reçu environ 51 millions de dollars pour financer ses activités, 60 millions de dollars étant encore en discussion.

Outre l'Ethiopie et la Suède, les bailleurs de fonds sont : l'Australie, le Brésil, le Canada, la Colombie, l'Egypte, les Etats Unis d'Amérique, la Suisse, le Conseil de Développement et de recherche sur les graines d'Australie, Syngenta, Pioneer/Dupont, la Fondation Gatsby, la Fondation Rockefeller, la Fondation Syngenta, la Fondation des Nations Unies, la Banque Mondiale et les Centres de récolte future du Groupe consultatif pour la recherche agricole internationale (GCRAI).

 

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