L'ONU toujours à la recherche d'une protection accrue en Iraq, selon Kofi Annan

21 octobre 2004

Le mois de janvier approchant et avec lui les élections en Iraq, le Secrétaire général a confirmé que la protection fournie par les Fidjiens ne concernait que l'intérieur de la Zone Verte à Bagdad et que l'ONU discutait les modalités d'une éventuelle protection assurée par les forces multinationales de façon à pouvoir, si celle-ci lui paraissait satisfaisante ou si la situation sur le terrain s'améliorait, apporter une aide renforcée au processus électoral.

A la question de savoir s'il était ou non réaliste de penser pouvoir tenir des élections en Iraq d'ici à janvier prochain, le Secrétaire général Kofi Annan, qui s'exprimait devant la presse, ce matin, à son arrivée au Siège de l'ONU à New York, pour la première fois depuis son départ en visite officielle en Chine, en Irlande et au Royaume-Uni, a répondu que « c'était techniquement faisable [...] en fonction de ce qui se passait au cours des deux mois à venir. »

Il lui a été également demandé s'il projetait de renforcer l'équipe de l'ONU aidant sur place les Iraquiens à organiser les élections, « une demi-douzaine de personnes » selon le membre des médias qui l'interrogeait, le Secrétaire général a admis, que, plus la date des élections sera proche, plus le besoin de personnel supplémentaire se ferait sentir. »

Toutefois, a-t-il ajouté, renforcer le personnel sur place ne sera possible que si « les circonstances s'y prêtent c'est-à-dire si la sécurité s'améliore réellement ou si des arrangements solides sont mis en place pour [sa] protection. »

Après avoir confirmé que la protection rapprochée fournie pour les Fidjiens (voir notre dépêche du 20 octobre), concernait seulement l'intérieur déjà sécurisé de la Zone verte, il a indiqué que l'ONU était « en train de discuter avec les forces multinationales » de la protection à l'extérieur de la zone.

Le Secrétaire général a précisé que ces discussions visaient à déterminer « quel type de protection elles envisageaient et quelles étaient leurs capacités. »

Cela « nous permettra de prendre les décisions que nous avons à prendre », a-t-il déclaré.

A propos de l'enquête sur le Programme pétrole contre nourriture, Kofi Annan a fait remarquer qu'il avait lui-même demandé que soit créée la Commission d'enquête indépendante dirigée par Paul Volcker, l'ancien Président de la Réserve fédérale américaine (cf. notre dépêche du 21 avril dernier), ajoutant que celle-ci allait probablement rendre public son rapport aujourd'hui.

Confirmant que si des poursuites judiciaires étaient engagées, il retirerait au personnel de l'ONU qui pourrait être impliqué son immunité diplomatique, il a insisté sur le fait qu'il aspirait « à voir produits les faits rapidement. »

« Il ne fait aucun doute que le campagne et les discussions constantes [sur ce sujet] ont porté tort à l'ONU [...] et c'est pour cette raison que nous voulons aller au fond des choses et les clarifier aussi rapidement que possible », a-t-il déclaré.

Interrogé à nouveau sur l'opinion voulant que « la France et la Russie aient vendu leur vote » pour empêcher la guerre en Iraq en raison d'intérêts économiques dans le pays ou de leurs connections ave le Programme pétrole contre le nourriture, Kofi Annan a répondu que si « les gouvernements se mettaient à vendre leurs votes parce que des entreprises opérant à partir de leur territoire ou leurs entreprises nationales devaient faire des affaires en Iraq, ce serait le Conseil de sécurité et le monde qui seraient dans un triste état. »

Et cela, « je ne le crois pas », a-t-il déclaré.

 

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