Forum CHGA de l'ONU : institutions et Etats africains sous la menace du sida

Forum CHGA de l'ONU : institutions et Etats africains sous la menace du sida

Enfants dans un cimetière des victimes du sida en Afrique (archives)
« Des conséquences catastrophiques attendent l'Afrique si les victimes du sida ne sont pas soignées » , alors que l'impact de la maladie sur la capacité des pays en matière de gouvernance n'a toujours pas été analysé, a prévenu aujourd'hui l'ancien Premier ministre du Mozambique qui s'exprimait dans le cadre du Forum de la Commission de l'ONU sur le VIH/sida et la gouvernance en Afrique.

« Le futur même de nos sociétés est lié au maintien de ces personnes en vie », a l'ex-Premier ministre du Mozambique, Pascoal Mocumbi lors d'une présentation des résultats de la Commission du VIH/sida et de la gouvernance en Afrique qui doit soumettre son rapport au Secrétaire général en juin 2005, devant les centaines de délégués du Forum pour le développement de l'Afrique qui se tient à Addis Abeba du 11 au 15 octobre.

La Commission du VIH/sida et de la gouvernance en Afrique (CHGA), basée au siège de la Commission économique pour l'Afrique ( CEA ) a été créée en 2003 avec pour mission d'étudier les liens existant entre le sida et la gouvernance dans divers domaines dont l'agriculture, la jeunesse et l'armée.

« Il n'est pas possible d'occulter le fait que la perte d'enseignants, de travailleurs sociaux et de fonctionnaires, au rythme où elle se produit à l'heure actuelle, menace de détériorer et éventuellement de causer l'écroulement [de nos sociétés] », a-t-il déclaré, précisant que « le coût de l'élimination des personnes atteintes du sida était tout simplement trop élevé ».

M. Mocumbi a rappelé le manque d'information concernant l'impact du VIH sur la gouvernance, en particulier sur la base des personnes détenant une compétence, dans tous les secteurs de la société, alors que leur besoin se fait cruellement sentir.

« Nous n'avons que peu ou pas d'informations sur les ramifications de la mortalité parmi les hauts fonctionnaires de l'administration. Quels effets ont ces pertes sur la fourniture des services publics, du développement économique et de la sécurité nationale ? » a-t-il demandé. « A quel point les institutions et les Etats tout ensemble cesseront-ils purement de fonctionner ? ».

Indiquant que les travaux de la Commission pouvaient aider les gouvernements à comprendre l'impact du VIH sur les capacités humaines et sur leurs implications budgétaires et en matière de planification, M. Mocumbi a appelé ces derniers à repenser leurs stratégies de développement et de croissance en prenant en compte le VIH/sida.

« Il n'apparaît pas qu'aucun pays n'ait adopté une approche globale concernant les problèmes de planification des ressources humaines que soulèvent l'épidémie de VIH », a ajouté M. Mocumbi, indiquant que la CHGA avait l'intention de fournir des recommandations pratiques sur l'amélioration de la prévention, des traitements et des programmes de soin.

La CHGA, dont le président est le Secrétaire exécutif de la CEA, K.Y. Amoako, a terminé sa troisième réunion le 13 octobre, en présence de ses deux co-parrains, Pascoal Mocumbi et l'ex-Président de la Zambie, Kenneth Kaunda, et de 13 commissaires, dont Peter Piot, Richard Feachem, Bassare Toure et Paulo Teixeira.